Le premier tour de l'élection cantonale partielle du 6eme canton a livré un certain nombre d'enseignements très interessants.

L'abstention. Elle est colossale. A peine un peu plus de 20% de votants. On retrouve un niveau malheureusement normal pour une élection partielle bien loin des 32% du 12eme canton, ce qui avait été pour une élection partielle en mileu urbain, tout à fait exceptionnel. Il est vrai que l'enjeu n'était pas de même nature.

L' estrosisme rencontre ses  premières limites électorales. Le reflux timide est engagé. L'estrosisme, c'est le sarkozysme appliqué au local, c'est-à-dire l'union de toutes les droites et le syphonnage de l'électorat d'extrème droite. La droite s'est atomisée au niveau des candidatures mais demeure compact au niveau de l'électorat. Le candidat UMP efficacement secondé par l'ancien directeur de campagne de Patrick Mottard aux élections municipales de 2001,fait 40%, alors que les 3 dissidents (Ferrari, Cotta, Riccobono) peinent à faire 9% à trois.

Fait très interessant par rapport à la partielle du 12eme canton et par rapport aux municipales, pour la première fois la droite y compris avec les dissidents, ne fait pas 50% au premier tour.

La remontée de l'extrême droite. Elle est masquée par sa division entre FN et identitaires. De ce fait elle apparaît noyée au milieu d'un peloton de candidats aux alentours de 8%. Mais on voit bien que compte tenu des résultats décevants obtenus en matière de lutte contre l'insécurité notamment, par l'estrosarkozysme, les électeurs d'extrême droite, un temps séduits, commencent à retourner au bercail. C'est préoccupant et à surveiller car le total global est à plus de 15%. Une alliance des extrème-droites pourrait s'avérer dangereuse aux prochaines élections régionales.

La situation de la gauche. Elle n'est collectivement pas brillante.

Le PS ne réalise pas un bon score sans que la qualité de son candidat ne puisse être mise en cause. Bien au contraire. Xavier a fait et fait encore une campagne très active, très courageuse, très professionnelle. Cela s'explique par deux causes objectives.

1.La sortie du traumatisme des élections européennes est douloureuse et il n'était pas question de compenser par la notoriété d'un candidat puisque c'était précisément pour Xavier le baptême du feu. Mais le pari a été tenu. Il était important de rappeler que le PS est la première force de gauche sur cette ville.

Je tiens à l'émergence d'une nouvelle génération de socialistes ayant pignon sur rue, élus ou battus, parce que je suis déja dans la préparation des élections municipales de 2014. Avec Yann dans le 2eme, Xavier dans le 6eme, Frédérique dans le 12eme, tous capables de faire 40% et au delà, en s'appuyant sur l'expérience de Paul Cuturello et de Marc Concas dans les 14eme et 1er cantons. Partout le terrain doit être tenu et la prochaine inauguration d'une permanence du PS dans le 5eme canton confirmera cette volonté.

2.Le fait que nous ayions décidé cette fois de partir séparés avec les Verts qui a pu troubler une partie de l'électorat.

Le score des Verts est plus que correct. Il est intéressant d'ailleurs de constater que le candidat commun PS et Verts la dernière fois avait obtenu environ 15% des suffrages. Là le total du candidat du PS plus celui des Verts avoisine les 24%, soit un gain de 9%. Et cela ne se fait pas au détriment du PCF, qui lui aussi progresse de plus de 1% gràce à une très belle campagne de terrain d'Emmanuelle Gaziello. L'opération est donc plutôt bonne pour l'ensemble de la gauche.

Et d'autant meilleure que nous avons veillé, les uns et les autres au niveau des "fédé" à ce que la primaire soit exemplaire à gauche. Aucun mot de travers du candidat vert à l'égard du nôtre et vice-versa. Les électeurs savent désormais ce qu'ils ont à faire. Idem en ce qui concerne la candidate communiste.

Le problème n'est pas le score du PS, ou celui des verts, ou celui du PCF, le problème c'est le niveau de la gauche en général. Il est encore trop bas et nous devons tous travailler à le remonter. Cela ne me préoccupe nullement pour les élections régionales qui sont d'une autre nature et font appel à des réflexes électoraux particuliers et complexes. Mais cela me préoccupe énormément pour les futures élections cantonales de 2011, où, sous réserve d'un bon accord avec les partenaires, nous aurons ensemble à défendre les 14eme et 3eme canton, reconquérir le 12eme, et trouver une solution qui permette aux Verts de briguer eux aussi un canton sur Nice avec quelques chances de succès.

Et dimanche prochain me direz vous?

Je crois qu'il y a encore des marges malgré la manipulation scandaleuse que j'ai lu dans la presse ce matin! On parle de gauche éclatée. Pas tant que cela! Certes les verts ne prennent pas de position. C'est aussi ce qu'ils ont fait dans le Var, c'est tendance mais on ne va pas se fâcher pour ça. Ce que je constate par contre c'est que le MRC soutient le PS, que le PCF allié au NPA appelle à faire barrage à la droite, et que le PRG qui au premier tour soutenait le candidat du MODEM, appelle à voter pour le candidat de la gauche.

Il y a par contre un évènement que la presse locale passe sous silence. C'est que sur les 9 candidats éliminés, aucun, vous m'entendez bien aucun, n'a donné de consigne de vote pour l'UMP estrosite L.A (je mets ces initiales pour ne pas estropier son nom).

Le vrai titre d'un vrai journal aurait du être : l'UMP haute mais isolée, la gauche essaie de constituer un front du refus.

La parole est désormais aux électeurs du 6eme canton!