Il est des victoires trompeuses, dont il est difficile de se réjouir tout à fait. La décision annoncée par Eric Besson de ne pas signer un décret d’application d’une loi adoptée au Parlement en est une, même si nous nous sommes opposés de toutes nos forces au projet de loi de Brice Hortefeux notamment sur la question des test ADN.

Dans cette affaire, les « délais », la « logistique » et la « technique » ont bon dos : Eric Besson, en vérité, signe un nouvel épisode de la « mal gouvernance » instaurée par Nicolas Sarkozy à tous les étages de sa Présidence.

Bien loin de faire preuve du moindre courage, le nouveau Ministre de l’Immigration ne fait qu’abdiquer, pour des raisons de fond, devant l’absurdité d’une politique essentiellement populiste, marquée par sa désinvolture à l’égard des droits des personnes, sa brutalité envers les principes moraux et ses symbôles  telle l'arrestation de sans papiers devant les écoles de la République.

Nous assistons, en fait, à une nouvelle illustration d'une façon d'exercer le pouvoir à coups de slogans idéologiques, de promesses contradictoires, et de mesures inapplicables mais souvent symboliques et toujours destinées à fixer l'électorat du front national, clé de voute de la force électorale de Nicolas Sarkozy..

Rappelons que l’expérimentation sur les tests ADN, loin de constituer une avancée pour le droit des migrants, n’avait pas d’autre but que de faire diversion, en essayant de faire croire à l’opinion que la fraude au regroupement familial constituait un tel danger pour notre pays qu’il méritait un traitement par identification génétique des individus. c'est ce que vient de reprciser dans un long communiqué Najat Belkacem, la porte parole de Ségolène Royal.

Cette conduite démagogique des affaires du pays est autant de temps perdu sur des sujets aussi graves que ceux des flux migratoires et des règles de la bioéthique qui méritent autre chose que des projets lois avortés et des arguments fallacieux visant à tromper les Français.

Les tests ADN et l’identification génétique des individus n’ont rien à faire dans une loi sur l’immigration : c’est non seulement inutile, mais très dangereux pour l’avenir des libertés publiques, le droits des individus, le principe d’égalité entre les citoyens, le respect de la personne humaine.

En fait, plus banalement, il semble que bien loin de tout les grands principes, la décion d'Eric besson se soit avant otut heurtée au principe de réalité, à des questions de logistique et de coût financier. Si c'est le cas, nul doute que ce renoncement n'est que temporaire et que bientôt tel un serpent de mer l'affaire des tests ADN ressurgira.