Le changement de statut de « La Poste » d'établissement public en société anonyme ouvre la voie à sa privatisation et fait peser de lourdes menaces sur le devenir de ce service public.

D'ores et déjà, 6 100 bureaux de poste sur 17 000 ont été transformés en « partenariats » et plusieurs milliers d'emplois ont été supprimés depuis 2002, au détriment de la qualité d'accueil des usagers, du service de distribution de courrier et des conditions de travail des salariés.

Nicolas Sarkozy invoque la double contrainte européenne et financière pour justifier son projet. Il prétend que l'Europe impose un changement de statut au regard de la fin du monopole sur la distribution du courrier de moins de 20 grammes. Cet argument est faux. En aucun cas l'Union européenne n'impose de modifier le statut de l'opérateur et encore moins sa privatisation. D'un point de vue financier, La Poste dispose d'autres moyens que la privatisation pour faire face à ses besoins de financement.

Les élus socialistes et républicains ne peuvent accepter cette attaque contre ce service public de proximité dont les missions sont indispensables en matière d'aménagement du territoire et de lien social. A un moment où le gouvernement multiplie ses attaques  contre l'aménagement du territoire, le service public postal doit être maintenu, mais aussi modernisé et rénové. Il doit concilier efficacité, principes d'égalité et d'universalité.

Une mobilisation de grande ampleur est nécessaire afin d'affirmer au gouvernement notre refus de son démantèlement et faire connaître nos priorités.

Le collectif national de mobilisation contre la privatisation de La Poste (dont le Parti Socialiste est membre ainsi que l'ensemble des partis de gauche, des syndicats et les associations d'usagers), a décidé d'organiser une « votation citoyenne », symbolique, le samedi 3 octobre prochain, avant le débat sur le projet de loi sur l'avenir de « La Poste » qui se déroulera durant le mois d'octobre à l'Assemblée nationale.

Dans un département comme le nôtre, où le PS est représenté au collectif par Christine Dorejo, en qualité de Secrétaire Fédéral chargée des relations avec le mouvment social, cette journée du 3 octobre va être observée à la loupe et revêt une importance particulière compte tenu du fait que la gauche tient très peu de mairies.

L'engagement militant va donc être essentiel. La mobilisation des quelques 70 élus socialistes et républicains peut être décisive dans le succès de cette initiative. Le collectif aura notamment besoin d'aide pour relayer la « votation citoyenne » organisée dans nos territoires.

L'organisation de cette journée sera également riche d'enseignements sur l'état de l'unité à gauche. Compte tenu de notre faible nombre de mairies, nous devons impérativement travailler tous ensemble parce que l'enjeu, l'avenir de la poste, dépasse les "bisbilles" habituelles. Le Parti Socialiste y est en tout cas prêt !