09 avril 2008
Quand l'économie se saisit d'une initiative politique pour aller plus vite et plus loin
Lundi, je présidais un colloque sur le thème "les Régions, actrices du changement économique" à l'hôtel de Région, que Michel Vauzelle est venu ouvrir.
Une occasion de faire le point sur la démarche des PRIDES devant les hauts fonctionnaires de la Commission Européenne, car l'Europe finance une grande partie de notre politique d'innovation.
20 PRIDES ont été a ce jour labellisés par la Région, couvrant la majeure partie des segments d'activités du territoire régional: microélectronique-logiciel-télécommunications, multimédia, optronique, énergie, industries de la mer, cosmétique, agroalimentaire, aéronautique, mécanique, chimie, matériaux, biotechnologies, éco-industries, risques, logistique, tourisme d'affaires et de congrés, patrimoine, livres et disques... Ce qui est remarquable dans cette démarche c'est la mobilisation des acteurs économiques pour travailler en réseau. On voit, en outre, dès à présent, se multiplier les coopérations Inter Prides qui dessinent la base d'un processus de communication de grappes stratégiques. 1950 entreprises participent aujourd'hui à cette dynamique régionale. Elles représentent près de 100 000 emplois.
Ce qui m'a surpris, c'est la mobilisation des chefs d'entreprises qui va trés au-delà de ce que nous, les politiques, avions envisagé. Il est en train de se passer quelque chose dans l'économie régionale. Avant l'entreprise, c'était le domaine du chacun pour soi. Aujourd'hui les projets collaboratifs foisonnent. Des coopérations inter-prides se multiplient. Les PRIDES s'associent aussi avec des structures voisines dans d'autres régions françaises ou étrangères.
Voici par exemple ce qui se passe dans la plasturgie. C'est le PRIDES ARTEMIS.
ARTEMIS est à l'origine du projet INTERPLAST. C'est un projet transfrontalier qui regroupe des entreprises de Rhône-Alpes, du Piemont et de PACA.
Dans la plasturgie, la production a subi trois délocalisations successives. D'abord vers le Portugal, puis le Maghreb, enfin l'Asie. INTERPLAST, c'est prés de 1000 entreprises adhérentes à ce réserau transfrontalier. L'objectif est de faire de l'innovation un levier économique puissant, axé sur le développement durable. Pour garder une longueur d'avance, il faut lier la plasturgie aux enjeux sociétaux. Quelle place pour la transformation des matières plastiques de demain? On travaille au sein d'INTERPLAST sur la recherche et l'innovation qualitative, c'est à dire avec une forte dimension environnementale.
Voila un exemple de ce qui est en train de s'organiser dans notre région.
05 avril 2008
Le mouvement "Changer d'ère" se met en place
Ce matin première sortie post électorale au marché Saint Roch avec le tract de remerciements aux électeurs, sous forme d'une nouvelle lettre aux niçois. La démarche a été bien accueillie.
Entouré d'une dizaine de camarades, j'ai passé la matinée au soleil au contact de nos électeurs. Et nous avons mis en place avec Frédérique Grégoire-Concas notre première permanence mobile.
J'ai été très surpris par l'accueil chaleureux des gens. Il a fallu par moment tempérer l'enthousiasme et rappeler que l'on avait perdu, tant on sentait les félicitations et les mots d'encouragement sincères! Bien loin d'un microclimat palpable ces derniers jours au sein de l'appareil socialiste.
Il faut néanmoins ne pas hésiter à expliquer notre position au Conseil Municipal. Les demandes ont été rares, (cinq), jamais mal intentionnées. Il faut simplement clarifier les responsabilités de chacun. Plusieurs fois par exemple, on m'a demandé si, désormais, ce serait nous qui allions attribuer les logements HLM ! Personne, par contre, ne m'a parlé des appels d'offres. Deux ou trois pensent que c'est moi qui suis président de la commission des finances. Le journal survolé ou les "infos" régionales écoutées distraitement, c'est cela être au contact du réel. D'ou la nécessité de sortir et d'établir ce contact sur le terrain.
Ce que j'ai retenu de cette première journée, c'est ce que je ressentais intuitivement : les gens veulent continuer avec nous. Notre responsabilité politique, c'est de leur offrir un débouché politique différent, comme notre campagne a été différente. Avec Frédérique, nous avons fait dans la matinée 26 adhésions au mouvement "Changer d'ère".
On n'en revenait pas. Les personnes ont rempli la petite fiche de renseignements avec une facilité déconcertante. Organisés autrement nous aurions pu être beaucoup plus efficace, mais il y avait aussi des équipes qui tractaient sur les pare-brises. Mais ce n'est que partie remise...
04 avril 2008
Exposition sur Cuba à l'antenne de la Région
Communiqué de presse et invitation
Durant tout le mois d’avril, l’antenne Niçoise du Conseil régional PACA ouvre ses portes pour une exposition photo sur Cuba réalisée par Frédéric Moreau de Faverney (photo club La Poste) et Jean-Marie Bertaina (photo club de Biot). Mélange de couleur et de noir et blanc, les photos des deux artistes offrent tous les contrastes sociaux et culturels de l’île.
L’exposition a été inaugurée par Patrick Allemand, 1er vice-président du Conseil régional PACA, jeudi 3 avril. Elle sera visible jusqu’au 30 avril du lundi au vendredi de 9H à 18H.
Tous les bloggeurs sont cordialement invités à venir voir ce remarquable travail.
L'Opération d'Intérêt National de la plaine du Var : décision du Conseil Régional

C'est le rapport 16 de l'ordre du jour de l'assemblée plénière du Conseil Régional.
Il s'agit de donner l'avis de la Région, comme le veut la loi sur le décret portant création de l'établissement public d'aménagement de la Plaine du Var.
Il a fallu là encore mener une négociation difficile et je remercie le cabinet de Michel Vauzelle, et le président lui-même, de m'y avoir considérablement aidé. En effet, comme d'habitude, il y a chez Estrosi une constante, c'est de commencer une discussion par des propositions humiliantes.
Il n'a eu qu'une obsession, essayer de réduire la représentation de la Région au sein de cet établissement public, à la portion congrue.
En effet, Christian Estrosi, pendant la campagne électorale, n'a eu de cesse que de valoriser l'OIN comme un axe fort de son projet, se référant sans arrêt aux opération de La Défense et d'Euroméditerranée (à Marseille). Il oubliait seulement quand il faisait référence à Euroméditerranée, à la composition du conseil d'administration d'Euromed qui prévoit la parité entreles représentant du CG 13 et de la Région.
Dans les AM, où rien ne se fait comme ailleurs, Christian Estrosi nous a, dans un premier temps, royalement octroyé un représentant de la Région au CA, c'est à dire l'équivalent pour une grande collectivité comme la notre de ce qu'il prévoyait ... pour la communauté des communes du Var Esteron ( le canton de Gilette!).
Totalement injurieux et inacceptable. Cela n'a rien à voir avec les estimables communes concernées. Mais on sait que la Région sera amenée à contribuer, sans compter le rôle que ne manquera pas de jouer l'établissement public foncier régional (EPFR). Par contre la CG06 s'octroyait 4 représentants.
Il y a eu ensuite une seconde proposition: 2 pour la Région, 4 pour le CG06. Tout aussi inacceptable pour nous.
Après de nombreuses navettes, tout le monde est revenu à la raison, et la composition du CA de l'EPA Plaine du Var respectera la parité GC06, Conseil Régional: trois sièges chacun. Merci au cabinet et au président de région pour avoir aidé les élus des AM dans cette négociation difficile.
Je présidais la séance ce matin au moment du vote de cette délibération. Nous avons donc émis un avis favorable sous réserve de la mise en oeuvre de cette parité Région, CG06.
Ensuite viendra le temps du débat sur le contenu, les orientations, les perspectives de l'OIN. C'est une toute autre histoire.
03 avril 2008
Premières rencontres régionales des PRIDES

Lundi matin je présidais à l'hotel de région, la première rencontre régionales des PRIDES.
Plus de 350 chefs d'entreprises réunis dans l'hémicycle, c'est un évènement rare.
Cette première édition a montré la mobilisation de l'économie régionale. Cela s'est traduit par un partage d'expérience et par une présentation globale de l'environnement des PRIDES. Les cinq leviers de la performance ont fait l'objet de développement concrets de la part d'entreprises participantes
Je les rappelle:
-la recherche et l'innovation,
-les nouvelles technologies de l'information
-la formation des hommes
-l'international
-la responsabilité sociale et environnementale
Il y a désormais 20 secteurs de l'économie régionale qui sont organisés en PRIDES :
-les solutions communicantes sécurisées (le pôle de compétivité mondial),
-la mer
-les fruits et légumes
-la grande plaisance
-le prides livres et disques
-la logistique
-Aromes, senteurs et saveurs
-Pégase (c'est l'aéronautique)
-Tourismes d'affaires et de congrès (le dernier né)
-prides éco-entreprises
-solutions et systèmes industriels,
-patrimoines et cultures
-Image
-photonique
-capénergies
-Risques
-Artémis
-services à la personne
-novachim,
Désormais une nouvelle économie régionale est en marche. Nous avons une réponse possible, une réponse locale à la mondialisation. Est ce la bonne? Seul l'avenir le dira.
Des projets collaboratifs interentreprises sont en train de naitre en région, des projets transversaux à plusieurs PRIDES... dans un avenir incertain, où personne ne sait vraiment ce que sera la politique industrielle de l'Etat dans les années à venir. On parle d'une reconcentration des pôles de compétitivité, peut être de la suppression de la labellisation de certains d'entre eux. Dans ce contexte, les entreprises de notre région peuvent compter sur l'institution régionale, qui, du fait de cette organisation unique en france, se trouve désormais à la pointe des projets de développement des entreprises.
28 mars 2008
Mon intervention au dernier conseil municipal

Photo : Nice-Premium
"Lors du premier Conseil Municipal, j'avais indiqué, Monsieur le Maire que nous refusions vos propositions et notamment la présidence de la commission d'appel d'offre parce que je n'avais aucune garantie sur son fonctionnement et que je ne souhaitais pas qu'une présidence se retrouve otage d'une commission où elle est minoritaire et contrainte de signer les marchés qu'elle n'aurait pas approuvé.
De la même manière, j'avais indiqué que, concernant l'entrée de l'opposition à la CANCA, nous n'accepterions pas l'aumône qui nous était proposée.
La semaine a porté conseil, nous avons discuté, nous nous sommes écoutés, respectés, nous avons négocié.
Cette délibération n°4 a des conséquences sur les délibérations n° 8, 9, 10 et 11. Elle ne peut se comprendre qu'en actant le contenu de ses délibérations.
Nous avons donc accepté de présider la commission d'appel d'offre. C'est Marie-luz NICAISE HERNANDEZ que nous avons choisi pour assurer cette lourde responsabilité. Elle a de l'expérience puisqu'elle était déjà membre de cette commission sous la mandat précédent au titre de Nice Plurielle. Elle a été avec J.F. KNECHT à l'origine de l'annulation de nombreux marchés. A Nice, les marchés c'est traditionnellement très délicat, les nombreuses affaires de corruption qui ont émaillé le mandat précédent sont là pour nous le rappeler.
Je m'étais engagé, si j'avais été choisi à votre place, à nettoyer le système. J'ai dit qu'au nom de l'amour que j'ai pour ma ville, je ne prônerai pas la politique du pire.
J'estime que les conditions qui nous sont faites garantissent le plein exercice de notre pouvoir de contrôle : en effet, en appliquant la règle proportionelle comme le veut la loi aux cinq membres de la C.A.O. désignés par le Conseil Municipal dans cette délibération et en donnant votre délégation à M.L. NICAISE HERNANDEZ, vous acceptez de ne pas voir de majorité absolue. Et en cas d'égalité, vous savez comme moi que la voix de la présidente est prépondérante, c'est à dire que dans un cas d'école, mais toujours possible, les marchés sont sous le contrôle de l'opposition.
A partir de là, il n'y a aucune raison de refuser cette présidence.
Nous ne sommes pas dans la participation, nous ne sommes pas dans l'ouverture, nous sommes dans l'opposition, mais une opposition qui s'est donné les moyens d'exercer un véritable contrôle.
Le groupe "Changer d'ère" aura donc cinq représentants à la CANCA. Notre pourcentage réalisé aux élections indiquant comme résultat 5,5 membres puisque nous avons 11 élus sur 69 et qu'il y a 35 représentants de la ville de Nice à cette collectivité.
Mais rien n'oblige le maire à appliquer la proportionnelle. A six, vous auriez fait un geste. A cinq, c'est acceptable. Si vous vous en étiez tenu à la proposition initiale de 3, nous aurions refusé d'y sièger parce qu'il s'agissait là de la recherche d'une caution. A cinq, nos électeurs sont pris en compte.
Je le dis aux électeurs de la liste "Changer d'ère" qui vont nous regarder à la télévision. C'est cela une négociation politique, ce ne sont pas des combines, dès lors qu'elle est transparente. C'est noble. C'est une avancée pour l'opposition qui a été injustement écartée par Jacques PEYRAT de la communauté d'agglomération depuis sa création et je l'ai dit, je suis là pour construire, pour structurer une opposition différente.
Nous avons également accepté la présidence de la commission des finances, dans le droit fil de ce qui se fait à l'Assemblée Nationale puisque c'est le socialiste Didier MIGAULT qui la préside.
Il faut également que nos électeurs comprennent ce que cela signifie. Cela veut dire ni plus ni moins que les finances de la municipalité sont placées sous le contrôle et la vigilance de l'opposition.
Enfin, nous avons obtenu l'entrée de l'opposition dans le Conseil d'administration de deux forteresses municipales qui nous étaient jusqu'à présent interdites : l'OPAC Côte d'Azur Habitat et la SEMIACS, deux organismes qui jouent un rôle capital dans deux domaines qui sont à nos yeux prioritaires pour l'avenir de cette ville : le logement social et les transports en commun. Pour la première fois, l'opposition va pouvoir mettre son nez dans les HLM. C'est extrêmement important pour tous les locataires de toutes des cités, qu'il s'agisse des Moulins, de la Madeleine, de Las Planas, du Vallon des Fleurs, de Pasteur, Saint Roch, Saint Charles, Roquebillière, Bon Voyage, les Liserons ou l'Ariane. Désormais l'opposition veille au grain.
Voilà, j'en ai terminé, Monsieur le Maire, il s'agit d'une bonne négociation où j'ai cherché à faire respecter l'opposition municipale et à élargir ses champs d'intervention, où vous aviez aussi vos priorités et où, au final, je le pense, nous sommes allés dans le sens de l'intérêt général.
En conséquence, nous voterons pour la délibération N° 4 comme nous voterons pour les délibérations n° 8, 9, 10 et 11. Je n'y reviendrai plus."
26 mars 2008
Ma rencontre avec Lorenzo Delloye
Pendant cette campagne électorale, j'ai eu l'occasion de rencontrer Lorenzo Delloye, le fils d'Ingrid Betancourt. Cette rencontre a eu lieu lorsqu'il est venu à Nice collecter les signatures recueillies par le comité local pour la libération de sa mère, le 8 mars dernier.
Je n'ai pas voulu faire état de cette rencontre privée pendant cette campagne électorale parce qu'il y a des moments où le moindre soupçon de récupération politique serait indécent.
Cette rencontre m'a touché tant j'ai été impressionné par la dignité de cet homme jeune, à peine sorti de l'adolescence, parce que l'on sent dans son regard, dans sa façon de parler de sa mère, toute la souffrance accumulée depuis 6 ans par cet éloignement qui lui a été imposé alors qu'il n'avait que 13 ans.
Son engagement actuel, cette lutte qu'il entreprend pour essayer d'obtenir la libération d'Ingrid Betancourt, en mobilisant l'opinion publique a quelque chose de poignant. Il sait sa mère très malade, il sait que cette hépatite B peut dégénérer a tout moment compte tenu de son stade avancé. il sait qu'il est désormais engagé dans une course contre la montre.
Pendant ce déjeuner, nous sommes passé plusieurs fois de l'évocation de la mort de sa mère (comme une éventualité...à certains moment comme une probabilité) à l'évocation de sa libération prochaine, du néant à l'espoir.
La géopolitique sud-américaine n'a aucun secret pour lui.
Il est généreux, plutôt de sensibilité sociale, comme on peut l'être à 19 ans, devant touts les injustices du monde mais à un moment je lui ai posé clairement la question sur son sentiment sur l'engagement de Sarkozy sur ce dossier : sincère ou médiatique ? Sa réponse a été claire, spontanée. Avec Chirac on était dans la compassion, Sarkozy lui essaie d'agir.
Le désespoir de Lorenzo porte un nom : Alvaro Uribe. Le chef d'état colombien complique singulièrement les choses. l'élimination de Raoul Reyes, le numéro 2 des FARC, mais surtout l'homme clef des négociations est là pour le rappeler.
L'appel qu'il a lancé le 7 mars dernier, cet appel désespéré adressé à la fois aux FARC et à Uribe, c'est la détresse d'un enfant, c'est tout simplement l'appel d'un jeune homme qui sent qu'il va perdre sa mère si rien n'est fait dans les semaines qui viennent.
Lorsque j'ai quitté Lorenzo Delloye, ce 8 mars, nous sommes spontanément tombés dans les bras l'un de l'autre. Et nous nous sommes promis de nous revoir après la libération de sa maman.
Courage Lorenzo, à Nice beaucoup de gens pensent à toi. Je pense à toi.
25 mars 2008
il faut continuer...
J'ai la conviction qu'il faut continuer et proposer une structure pour accueillir tous ces niçois et toutes ces niçoises qui depuis 8 jours ne cessent de nous faire parvenir des petits mots d'encouragements, des courriels,... Pas seulement à moi semble t'il. Plusieurs co-lisistiers sont confrontés au même phénomène.
Nul ne doute qu'il va aller en s'estompant. Il faut donc agir vite. Aussi vite que possible quand on a perdu une élection, qu'on a peu de moyens pour s'organiser mais des idées à revendre.
Je vais réunir tous les co-listiers parce que je souhaite que chacun des 69 s'il le souhaite soit associé à ce travail de longue haleine. J'ai tiré beaucoup de conséquences de la période 2001-2008 et de la campagne qui vient de s'achever.
Nous avons le privilège dans le groupe d'avoir de nombreux élus expérimentés, rompus aux joutes municipales. C'est un atout incontestable et certainement pas des maillons faibles comme j'ai pu le lire.
Je suis certain désormais qu'une élection municipale ne se prépare pas de la même manière qu'une autre élection parce que le lien avec l'électorat, le peuple de Nice est d'une toute autre nature. La proximité est bien plus grande.
C'est a tout cela qu'il faut que nous réflechissions ensemble.
21 mars 2008
Première intervention au Conseil Municipal
"Monsieur le maire, mesdames et messieurs les conseillers municipaux,
Je suis fier d’avoir conduit la liste « Changer d’ère » sur laquelle dimanche dernier 41.561 électeurs ont porté leurs suffrages. Dans cette enceinte avec mes 10 colistiers, je suis désormais porteur du mandat que ces électeurs nous ont confié.
En choisissant de voter pour « Changer d’ère », 33,17% des niçoises et des niçois ont indiqué leur volonté de rompre avec le système UMP qui prévaut sur la ville depuis des décennies et dont vous incarnez la continuité.
Monsieur le maire, cette élection se termine bien loin du plébiscite annoncé en novembre 2007 par la SOFRES (56% pour la droite non peyratiste) et vous êtes le maire de Nice le plus mal élu depuis la Libération, à peine 41% soit 3 points de moins que Jacques PEYRAT en 2001.
Mais bon… ! le système de la prime majoritaire municipale vous permet de disposer, aujourd’hui, d’une majorité confortable, 49 sièges sur 69. Les 20 sièges de deux oppositions, elles mêmes diamétralement opposées, représentent 59 % des électeurs niçois. De tout cela vous devez en tenir compte. Je vous le demande, parce que dans votre fresque historique, il manque une date, celle du 28 aout 1944, la date de la Libération de Nice, et les mois qui ont suivi qui ont vu successivement Virgile BAREL, puis Jacques COTTA, présider aux destinées de cette ville.
Monsieur le maire, l’amour que j’ai pour ma ville ne me fera pas prôner la politique du pire.
Et au nom de l’intérêt général, je vous souhaite sincèrement de réussir parce que le déclin de notre ville ne permet plus d’attendre.
Au sein de ce Conseil municipal, au nom du mandat que nous ont confié nos 41.561 électeurs, nous mènerons une opposition déterminée et unie. J’ai souvent employé le terme de rupture avec le système pendant la campagne électorale. J’ai signifié par là que notre opposition sera intraitable. Nous n’accepterons aucune compromission.
Monsieur le maire, vous nous avez fait des propositions. Nous les avons refusé. Le refus n’est pas la preuve d’une fermeture ou le signe d’un sectarisme. Nous voulons simplement placer chacun devant ses responsabilités dans le respect et dans la clarté, dans l’éthique de notre engagement auprès des électeurs qui nous ont confié notre mandat.
C’est ainsi que par exemple, nous ne pouvons accepter la présidence de la commission d’appel d’offres. Je considère qu’elle doit relever de la responsabilité de la majorité municipale. Nous ne sommes pas dupes. Nice a connu de trop nombreuses affaires de corruption pendant le mandat de la précédente majorité municipale. Et l’hydre de l’affairisme rôde toujours. L’opposition doit rester vigilante et libre pour jouer son rôle. Mais nous assurerons toute notre responsabilité au sein de cette commission.
Si votre démarche à ce niveau vis-à-vis de l’opposition est sincère, établissez donc plutôt la règle de l’unanimité pour son fonctionnement. Voilà une mesure simple et qui sera comprise par l’opinion publique plutôt que de nous proposer une présidence de commission où nous serions minoritaires, où le président pourrait être amené à signer des décisions qui lui sont imposées.
Nous ne refusons pas pour autant votre main tendue et ne demandons qu’à être convaincu de votre sincérité.
Pendant la campagne, comme moi-même d’ailleurs, vous vous êtes engagé à ouvrir la CANCA à l’opposition. La CANCA, cette collectivité dont la gauche a intégralement été exclue par le fait du prince depuis sa création parce que le législateur dans sa naïveté, n’a pas prévu de cadre formel,
Ouvrez-là à l’opposition, mais sans nous faire l’aumône. Au travers des propositions définitives que vous nous formulerez, c’est à 33,17 % des électeurs que vous vous adresserez, pas seulement à nous. Montrez-leur que vous les avez totalement pris en compte. Totalement.
Ce sera le moment de vérité et c’est là que je jugerai de la sincérité de votre main tendue.
Monsieur le maire, un projet politique concerne toute la cité, tous les aspects de la vie quotidienne de ses habitants, un projet est un tout.
Cette cohérence d’ensemble, je la proposais dans le projet « Nice 2008 Changer d’ère », je ne la retrouve pas dans la plateforme de Nice Ensemble. Parce qu’elle est faite de bien trop de promesses, comme celle de Nicolas SARKOZY au moment de l’élection présidentielle.
Je vous ai écouté avec attention faire le bilan de la ville de Nice dont les niçois viennent de vous confier les clefs. Vous êtes vraiment la copie conforme du président de la république. Vous parlez de ce bilan comme si vous y étiez totalement étranger. Comme Nicolas Sarkozy avec Jacques Chirac. Mais vous avez rappelé tout à l’heure votre parcours politique. Député depuis 20 ans, président du conseil général, deux fois ministres, patron de l’UMP. En fait vous êtes l’acteur majeur de la politique locale depuis longtemps. Ce n’est pas parce qu’il y a eu un conflit avec le maire sortant depuis quelques mois, que cela vous éxonère de toute responsabilité. Ce déclin, ce bilan, c’est aussi le votre.
Pendant cette campagne électorale, j’ai dénoncé l’accumulation de promesses démagogiques que vous avez faites et qui ont tant flatté l’égo d’un peuple de Nice qui ne demande qu’à retrouver toute sa fierté : un grand stade de 40000 places, un parc des expositions sure le modèle de celui de la porte de Versailles, le déplacement du MIN , et soit un nouveau palais des congrès, soit un musée sur le parking SULZER, cela dépendant de la version du programme que nous avions en mains.
L’arrivée d’un TGV à Nice dont on a définitivement compris qu’ il ne serait pas opérationnel pour les déplacements vers Paris, depuis que Nicolas SARKOZY, jugeant sans doute Jean-Claude GAUDIN plus menacé que vous, a garanti son passage par Marseille. Vous me répondrez que : « il n’y a pas que Paris », certes ! mais c’était l’objectif initial.
Le port au large de l’aéroport, seul sujet dont vous ayez esquissé le chiffrage (500 millions d’euros) et j’en passe.
Seule la ligne 2 du tramway vous plonge dans une prudence excessive. Vous ne connaitriez pas pour l’instant les finances municipales de façon suffisamment pointue pour vous engager
définitivement sur ce dossier. J’ai peur que les quartiers ouest, les usagers et les salariés du centre administratif départemental et des équipements sportifs et culturels du secteur ne soient les sacrifiés. Parce qu’en vérité, vous connaissez très bien l’état des finances, je ne vous ferais pas l’ injure d’imaginer le contraire, et vous connaissez aussi le coût du projet. La vérité est ailleurs. C’est qu’échaudé par l’expérience malheureuse de votre prédécesseur, vous n’arrivez pas encore à en mesurer le coût électoral des travaux.
Revenons à cette cohérence d’ensemble. Elle doit s’articuler autour de la prise en compte réelle de la qualité de la vie et cela ne peut se faire qu’en proposant une véritable politique de proximité. Et vous avez aussi promis la proximité.
Votre problème majeur, en fait sera le suivant : vous avez, en campagne électorale, promis la proximité et les grands projets, je ne parle même pas des 1.500 logements sociaux par an.
Désormais vous êtes en gestion et vous allez devoir arbitrer entre la proximité et les grands projets. Vous ne pourrez pas tout faire.
Nous serons là invariablement pour vous rappeler vos engagements.
Evidemment pour l’intérêt et l’amour de ma ville, je ne demande qu’à être contredit.
Nous serons donc des opposants constructifs.
Nous avons été élus à 11 dans cette assemblée sur un projet cohérent dont je vous rappelle les grands axes :
- 6 000 logements sociaux neufs
- Ligne 2 Est/Ouest du tramway
- Chèque-santé pour les seniors contre les franchises médicales
- Baisse des charges dans le parc locatif public
- Extension et modernisation d’Acropolis
- Promotion de l’emploi dans les petites entreprises et les commerces
- 8 nouveaux bureaux de Police Municipale ouverts 24h/24
- 800 nouvelles places de crèche
- Gratuité de la garderie du matin à l’école
- Gratuité des transports publics pour les moins de 18 ans
- Valorisation de la création niçoise, avec le triplement du volume des subventions attribuées aux associations culturelles de la ville.
- Un calendrier culturel tout au long de l’année pour faire de chaque niçois un sujet actif de la culture
- Un nouveau stade au Ray de 26 000 places
- Volume des subventions aux clubs sportifs doublé
- Protection sonore tout le long de la chaussée sud de la voie Mathis
- Critères transparents pour l’attribution de logements HLM
- Un magistrat anti-corruption au cabinet du maire
Voilà les thématiques que nous défendrons au sein de cette assemblée. Nous serons présents sur tous les dossiers comme nous l’avons été durant toute la campagne, dans l’intérêt des niçoises et des niçois. Il peut aussi de temps en temps venir de bonnes idées de la droite, nous ne serons pas une opposition aveugle. Nous ne voterons jamais pour vous, mais nous voterons pour Nice et les niçois.
Lorsque les délibérations proposées iront dans le bon sens, nous les voterons sans états d’âme. C’est ainsi que nous aurons vis-à-vis de vous, et vis-à-vis de l’opinion publique, plus de force et de crédibilité pour dire non lorsqu’il le faudra.
Cette opposition nous la mènerons aussi autrement. Nous y travaillons déjà afin qu’elle trouve des formes d’expression originales, collectives et d’autres tribunes que les réunions du Conseil Municipal ou les escaliers du Palais de justice.
Enfin, pour terminer, je veux m’adresser à toutes les niçoises et les niçois qui dimanche dernier ont vu leurs espoirs déçus.
33,17%, ce n’était pas suffisant pour gagner mais c’est du solide. Ce n’est pas un vote de rejet, qui lui, serait par définition, circonstanciel et volatile, et plus futile qu’utile.
Ce socle est constitué d’électeurs ne partageant pas forcément les mêmes options nationales mais qui se sont rassemblés sur une certaine idée de Nice, nous allons le faire fructifier.
Je dis aux niçois : il faut croire en vous, en votre richesse humaine, qui peut s’épanouir dans une politique sociale qui donne les moyens à chaque niçoise et à chaque niçois de se nourrir et de s’épanouir. C’est ce qu’a sous-tendu notre projet « nice 2008 changer d’ère ». Nous allons continuer à agir, à réfléchir, à réagir dans cette perspective pour continuer à développer ce projet, qui, au delà d’un projet politique, est un projet d’éthique qui a pour chaque citoyen de Nice, pour ambition de doubler la nécessité du pouvoir d’achat d’une puissance d’agir. C’est cela qui nous sépare. Vous avez dit que vous alliez vous occuper des niçois afin qu’ils deviennent les objets de votre projet. Nous nous voulons que chaque citoyen devienne sujet de son propre projet de vie.
A tous ceux qui désespèrent de voir un jour Nice changer d’ère, je veux dire qu’il n’y a pas de fatalité. Même Caen, un bastion de la droite depuis la Libération est tombé cette fois. Toulouse a été reconquise au bout de 30 ans. Reims, Amiens, tant d’autre. Il ne reste que ce foutu Sud Est que nous aimons tant. Et Nice.
Ne baissez pas les bras. Nous serons là pendant 6 ans pour faire grandir cet espoir et le transformer le moment venu en victoire."
20 mars 2008
Christian Estrosi, réélu président du Conseil Général

C'est sans surprise pour les initiés, certainement plus pour le grand public que Christian Estrosi vient d'être réélu président du Conseil Général.
Il s'était pourtant engagé publiquement à en démissionner dès son élection à la marie de Nice. Oui, mais c'était avant le coup de tonnerre du 1er canton. Son lieutenant Eric Ciotti, dauphin dont on comprend maintenant qu'il était désigné, a été battu par Marc Concas.
La séance a commencé avec 45 minutes de retard, ce qui montre que la réunion de groupe de la majorité départementale a été animée. Mais c'est comme pour le traité constitutionnel, apparement l'UMP n'avait pas de plan B.
D'où la candidature de Christan Estrosi, seul capable semble t'il de faire l'unanimité au sein de sa famille, à cet instant précis.
Demain il sera élu maire de Nice. Le cumul de deux éxécutifs est interdit par la loi. Ce sera un cas unique en France. Mais un recours, retardant son élection définitive sur Nice, lui permettra pendant quelques mois de préparer sa succession.
C'est tout simplement cela qui s'est joué ce matin au Conseil Général des Alpes-Maritimes.

















