Je vais l'appeler Olivia pour protèger sa vie privée.

Mais si je vais vous raconter sa dernière semaine, c'est pour vous expliquer ce qui se passe dans l'Education nationale en ce moment!

Dans les lycées, la situation est très difficile. il y a eu en région PACA, pas moins de 400 suppressions de poste d'enseignants. Des options sont supprimées, des classes sont surchargées.

Dès la mi juillet, j'étais alerté sur un certain nombre de cas de redoublement dont les parents ne savaient pas ce qu'ils deviendraient devant les réponses évasives des provisieurs. C'est notamment le cas pour les échecs au bac. Jamais il n'y avait eu une telle pression sur les lycées. Et par voie de conséquence sur les élèves et les parents. Rater son bac, ce qui en soit n'est pas un drame...devenait dramatique.

Il a fallu attendre vendredi, vous m'entendez bien vendredi, pour apprendre qu'enfin une solution avait été trouvée pour les redoublants du bac. C'est à dire que ces adolescents vont entrer demain en cours en ayant été stressé tout l'été sans savoir ce qu'ils allaient devenir!

Hier Michel Vauzelle, dans une réunionde travail disaient combien les gens avaient besoin d'être respectés. Manifestement c'est le cadert des soucis du gouvernement car les hautfonctionnaires de l'Education nationale, eux font, avec les moyens qu'on leur donne.

Le cas d'Olivia est encore plus emblématique. Cette jeune fille a suivi toute sa scolarité primaire et collège à Nice. Pour des raisons familiales elle a du partir dans les Bouches du Rhône, où elle a suivi sa seconde et sa première et passé les premières épreuves du bac, avec des notes fort honorables. Jusque là, rien que de très normal.

Mais aujourd'hui des raisons familiales la poussent à faire le chemin à l'envers et à revenir à Nice pour suivre sa terminale. Elle apprend début août qu'elle n'est pas prise au motif que les classes sont surchargées! J'écris immédiatement au proviseur en lui rappelant ces obligations de service public. Les jours passent pareils à un compte à rebours et aucune réponse.

La semaine dernière, l'adolescente reprend contact, légitimement inquiète. Les premiers contacts sont négatifs, le lycée pressenti qui est son lycée de rattachement n'en veut pas pour cause de sureffectif.

Je signale le cas à l'inspection académique en rappelant qu'il ne s'agit pas là de "pistonner" quelqu'un qui a redoublé deux fois, ou qui pour convenance personnelle veut aller dans tel lycée ( c'est le lot communs des interventions des élus et ça marche peu d'ailleurs) mais de lui trouver un lycée d'accueil tout simplement.

C'est à se pincer, c'est la première fois que je fais une intervention, non pas pour un passe droit, mais pour faire respecter le droit à l'accès au service public!

Lundi, rien ne bouge. Je menace donc de faire une conférence de presse, de présenter l'élève en question à la presse, de médiatiser ce cas, d'en faire un symbôle,etc...mais mardi rien ne bouge.

Nous sommes aujourd'hui mercredi, la veille de la rentrée scolaire. Olivia vient d'apprendre ce matin par un de mes collaborateurs qu'elle était affectée demain au lycée XXXXXXX, un très bon lycée du coup. Mais ce comportement de la part du grand service public de l'Education Nationale n'en demeure pas moins inouï.