C'est la question que je me pose à 48 heures de l'échéance cruelle.

Après avoir été enfermée 2 semaines au centre de rétention de Marseille avec sa mère, la petite Vea, 5 ans, est en passe de se faire embarquer manu militari dans un avion, à destination des Philippines,via Roissy, vendredi mation à 6h35.

Cette affaire qui mobilise l'ensemble des associations de défense des droits de l'homme, qui ont fait un travail considérable, en plein été, mais aussi de nombreux élus est tout simplement révoltante. Michel Vauzelle a écrit au préfet de région. J'ai moi-même écrit à Eric Besson, ministre en charge de ces basses besognes, faxé un double de mon courrier vu l'urgence, mais aucune réponse. Le mutisme total. Il semblerait que même Bernard Brochand, le maire de cannes, député UMP se soit ému de cette situation. Sans résultat apparent à ce jour non plus.

La machine est en route. Quelle action peut encore être en mesure de la gripper? Parce que la repression des sans-papier ne connait aucune trève estivale.

Si cette famille mobilise autant, c'est parce qu'elle est symbolique des dérapages d'une politique voulue par Sarkozy. Il y a d'abord l'aspect purement humain. Vea va être expulsée vers un pays (soi-disant le sien) qu'elle ne connait pas et dont je ne suis même pas sur qu'elle sache vraiment où il se trouve sur la carte! Il s'agit d'une famille sans histoire, qui travaille sans faire de bruit, installée depuis longtemps à Cannes. La petite Vea suit sa scolarité dans une école privée, l'institut catholique Stanislas de Cannes. Enfin, comble de la cruauté, la famille va être séparée puisque le père n'a pas de passeport et n'est donc pas expulsable.

Séparer autoritairement une famille, je suis désolé de le dire mais cela rappelle les heures les plus sombres de notre histoire. Quelle image la France donne t'elle au monde?