Le blog de Patrick Allemand

Blog du 1er vice-président de la Région PACA et conseiller municipal de Nice

22 juin 2009

SARKOZY NOUS FAIT LE COUP DE L'UNION NATIONALE

L'exercice auquel vient de se livrer Nicolas SARKOZY a certes un caractère historique, puisque depuis 1875 le Chef de l'Etat ne s'était plus exprimé durant le Congrès, mais il est surtout historique par le degré hypocrisie qu'il atteint.

Pendant 45 minutes, le Chef de l'Etat a incarné une véritable rupture par rapport à tous ses discours précédents sur la forme : plus aucune provocation, une forme de doute, aucune prise à témoins, exercice où il excelle d'habitude. Tout était dans la recherche du consensus. Le consensus le plus large possible, allant même jusqu'à se référer aux valeurs du Conseil National de la Résistance alors que depuis le début de son mandat c'était plutôt les références au modèle anglo-saxon qui primaient.

Rupture sur la forme donc, mais pas sur le fond. Pas de changement de cap, il a persisté dans l'idée du non-renouvellement d'un départ à la retraite sur deux pour les fonctionnaires, dans sa volonté de réformer les collectivités territoriales, de rationaliser les dépenses de santé.

Après travailler plus pour gagner plus, on rentre dans l'ère de faire moins pour faire mieux. Il faut moins d'assistés pour mieux les protéger, par exemple. Il faut moins de dépenses publiques pour mieux de dépenses publiques et de se lancer dans le tri entre les mauvaises dépenses publiques (celles qui font du déficit structurel), les dépenses publiques liées à la crise (celles qui assurent la solidarité) et les bonnes dépenses publiques (celles liées à la recherche et à l'innovation).

En fait, le Président a cherché à justifier toutes les réformes qu'il a entrepris jusqu'à présent et à prendre appui sur celles-ci pour provoquer, dit-il, la révolution des mentalités donc pour accélérer le rythme et la profondeur de ses réformes.

Tout le monde a bien compris de quoi il s'agissait. Mais en choisissant stratégiquement de dire qu'il a besoin de tout le monde pour sauver notre modèle social alors qu'il le considérait jusqu'à présent comme périmé, il a pris tout le monde à revers.

Les mêmes réformes étaient faites pour changer le modèle social, aujourd'hui il les défend parce qu'elles sont censées le sauver.

Comme il refuse d'augmenter les impôts des plus riches, ou de supprimer le bouclier fiscal, il se lance dans un discours sur les vertus d'un grand emprunt national, ce qui veut dire que ce ne sont pas les plus riches par l'impôt, mais tout les contribuables des générations futures, par le remboursement de cet emprunt qui s'ajoute à un endettement déja colossal, qui seront sollicités. C'est la justice fiscale selon Sarkozy.

C'est en cela que ce discours est proche de la perfection en matière d'hypocrisie.

Posté par patrickallemand à 16:54 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

La parole devalorisée

Les mots changent, le decor change, la syntaxe s'ameliore mais le programme ne change pas. Or changer de discours pour justifier la meme politique c'est incoherent.

Cette incoherence et son cortege de promesses non tenues et de supercheries sont terriblement nefastes. C'est la parole du chef de l'etat et avec elle les mots qu il emploie et la parole politique traditionnelle en general qui se trouvent devalorisees aupres de l'opinion.

D'ou l'importance pour les progressistes de trouver de nouveaux mots de nouvelles paroles et surtout de promouvoir la politique par la preuve.

Posté par Loic Le Toumelin, 27 juin 2009 à 21:03

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