bg_entete

Pour la première fois, la commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS a recensé les violences commises à l'encontre des moins de 18 ans dans son bilan 2008. Le mérite de lever ce lièvre revient au Figaro! Interpellations violentes, fouilles «à nu», bébés dans des Centres de rétention administrative...La CNDS, autorité administrative indépendante, chargée de veiller au respect de la déontologie de la police, publie mardi, avec son bilan 2008, sa première étude sur la déontologie des forces de sécurité envers les mineurs.

Depuis sa création en 2000 la CNDS a traité 65 dossiers concernant les moins de 18 ans. Parmi ces cas, 50 ont fait apparaître «un ou plusieurs manquements» avérés. Mais pour la commission, «la répétition de certains manquements donne à penser qu'ils sont beaucoup plus répandus que les chiffres ne le laissent supposer».

L'étude pointe des «violences illégitimes» des forces de l'ordre envers des mineurs. Elle donne l'exemple de cinq jeunes interpellés dans le XVIII e arrondissement de Paris, blessés par des policiers, ayant eu entre 2 et 6 jours d'Interruption Temporaires de Travail (ITT) suite à l'interpellation. Les fouilles «à nu abusives» sont aussi dénoncées. Elles doivent être «exceptionnelles à l'encontre des mineurs», et «dûment justifiées» souligne l'étude.

Ces conclusions ne me surprennent pas. Nous sommes rentrés dans une dérive. Pour rentrer tard le soir de mes longues journées, j'ai déja vu à plusieurs reprises de très jeunes aux mains des policiers, effondrés. Certes, ils ne sont pas assis sur le bord d'un trottoir, entravés par des menottes par hasard, mais sans tomber dans la sensiblerie à un euro, cela fait toujours quelque chose de voir un mineur dans cette situation.

L'autre élément qui va avoir une influence croissante sur la façon dont se déroulent les interpellations est la fait que les policiers se trouvent désormais, et c'est bien, sous la risque d'un contrôle citoyen par les biais des vidéos. La miniaturisation a parfois du bon. mais soit par les portables, soit par les caméras de poche, on a souvent des témoignages audiovisuels de comportements très violents qui sont relayés par les médias.

Le récent accident arrivé à Londres, lors des manifestations encadrant le G20 est venu rappeler que ce durcissement n'était pas forcément un phénomène national. Rappelez vous cet homme (loin d'être mineur mais tout de même) jeté à terre sans aucune raison par un policier filmé à son insu, qui est décédé une heure plus tard et l'émoi légitime que cela a provoqué en Angleterre.

Face à un mineur, recommande la CNDS, «un policier ou un gendarme doit avant tout éviter toute confrontation violente». «Vulnérables», «fragiles psychologiquement», les mineurs sont aussi «susceptibles de réactions moins maîtrisées que les adultes», et dans bien des cas une convocation au commissariat serait préférable à une interpellation.

«Force est de constater que la délinquance juvénile fait depuis plusieurs années l'objet d'orientations de politique pénale de plus en plus répressives», souligne la CNDS dans son étude. Et de rappeler que «ce climat répressif ne devait en aucun cas faire perdre de vue aux forces de sécurité qu'un mineur, même délinquant, même dangereux, est toujours une personne vulnérable». «Si cette intervention est menée de manière juste et rigoureuse, elle contribuera à ancrer en lui le respect des loi (…)», fait valoir la CNDS. «Mais elle peut aussi, si elle est perçue comme violente, influencer durablement sa représentation de l'autorité.»

Et encore, la CNDS ne prend pas en compte le point d'orguede cette affaire, la future loi d'Estrosi sur les bandes.