police

Aujourd'hui Nice était sur le pied de guerre pour recevoir le Président de la République, qui était venu parler de sécurité.

Les abords d'Acropolis ont été quadrillés par 600 policiers. Franchement il n'y avait pas de quoi. Nice n'est comparable à aucune autre ville. Ici impossible d'organiser un rassemblement. La proximité du 1er mai, les vacances scolaires, la lassitude... Autant de bonnes raisons qui font qu'ici le préfet peut dormir sur ses deux oreilles. Il ne sera pas viré pour n'avoir pas su contenir des manifestants!

C'est étrange quand même cette apathie. Il a fallu que je secoue le cocotier pour proposer à la gauche la tenue d'une conférence de presse à l'initiative d'aucun parti, mais unitaire, destinée à envoyer un message diversifié mais ensemble, au chef de l'Etat. Certains ont répondu favorablement à cette invitation, le PRG et le MRC. D'autres ont finalement décidé de ne pas venir, au dernier moment, comme le parti de la gauche, nos amis mélenchonistes. D'autres encore, réflechissent. Le temps que cela murisse, Sarkozy sera reparti. Sa gestion du temps est telle qu'à coté de la lourdeur de certains appareils de parti, il est normal qu'il apparaisse comme moderne, actif, volontariste.

Il est tout cela parce que la gauche n'évolue pas alors qu'elle a en face quelqu'un qui a modifié les règles du jeu politique. C'est la même chose à Nice d'ailleurs. Les instances classiques ne servent plus à rien, ça va trop vite. Elles vont devenir de plus en plus souvent des chambres d'enregistrement de contrôle a posteriori de décisions prises par leurs élus. Nous sommes entré dans l'ère de la réaction et de l'anticipation, alors que nous étions dans celle de la délibération collective et de l'élaboration.

Or c'est le pouvoir qui fixe les règles du jeu et nous n'avons pas le pouvoir, ni nationalement, ni localement.

Je le dis clairement sans faire de drame : soit la gauche s'adapte, soit elle va connaitre la nuit. En tout cas je mettrais toute mon énergie pour que mon parti ne s'y engloutisse pas.

Quel était l'objet de cette conférence de presse ? Simplement d'expliquer aux niçois que, certes,  parler de sécurité c'était bien mais que ce n'était pas l'essentiel. Personne ne me parle des bandes dans la rue quand je vais à la rencontre du peuple de Nice. En ce moment, on me parle des questions sociales : du chômage, du pouvoir d'achat, du logement, des retraites, de l'avenir des services publics, des libertés publiques... Sur ces thêmes, qui concernent tous nos électeurs, qu'ils soient communistes, ecologistes, radicaux, républicains ou socialistes, quel beau symbôle cela aurait été de réunir, l'espace d'une heure toute la gauche face à Sarkozy.

Sarkozy est reparti... tranquille.