23 novembre 2008
Aux militants ségolistes : Avec vous, nous ferons de Reims la Floride du vieux Parti

La Floride, rappelez vous, c'était il y a 8 ans!
Tout le monde se gaussait de voir la plus grande démocratie au monde engluée dans un compte, décompte et recompte qui n'en finissait pas dans cet état de Floride où tout a basculé et qui a finalement assuré l'élection de Georges Bush.
Huit ans après, nous avons notre Floride, c'est la rue de Solférino! Je ne m'étais pas exprimé depuis le second tour de l'élection du premier secrétaire. D'abord parce que la colère à chaud est mauvaise conseillère, ensuite parce que je fais encore confiance à François Hollande pour ne pas laisser faire n'importe quoi demain en commission nationale de recollement des votes.
Mais en fin de matinée, j'ai été faire le marché et j'ai compris que se taire n'était pas la bonne solution. En tout cas ce n'est pas ce que nos sympathisants attendent. J'ai compris que notre démocratie interne ne se remettra pas facilement de la nuit du 21 novembre!
Les gens ne sont pas dupes. Comme me l'a dit un retraité, on n'aime pas se coucher avec une première secrétaire et se réveiller avec une autre! La suspicion dans l'opinion est générale. La menace de la justice qui plane désormais sur ce vote, et Jean Pierre Mignard a raison de la brandir, accentue ce malaise, parce que la justice, dans l'opinion, cela veut dire acte illégal. Le fait que l'on ai proposé une personnalité aussi incontestable que celle de Robert Badinter pour présider une commission de conciliation et que cette proposition soir restée lettre morte va aussi dans ce sens. Par contre, il y aura une commission de recollement ou se trouvent à parité les représentants des deux finalistes. Jusque là rien à dire sauf qu'on y a rajouté un représentant de... Benoit Hamon! Si j'étais à sa place, je n'enverrai personne, estimant que ce n'est pas mon affaire.
Pas un français qu'il soit de droite ou de gauche ne croit encore que ce vote s'est passé dans des conditions régulières. C'est en cela que le Parti Socialiste est le grand perdant de ce scrutin interne. Son image est salie. Ceux qui ont pris cette responsabilité en mesureront bientôt les conséquences. Commentaire d'un couple à Saint Roch au marché ce matin : "Monsieur Allemand, on vous aime bien, mais on peut plus continuer à voter pour un parti pareil". C'est dur à entendre et en même temps peut-on leur en vouloir?
C'est terrible car ce qui ressort de cette affaire c'est qu'il y a au Parti et dans la bouche de nos leaders, un décalage terrible entre les mots et les actes. Parti de la démocratie interne disons nous. Oui mais à condition que cela ne mette pas en cause l'essentiel ! Sinon le recours aux bonnes vieilles méthodes est toujours possible. Comment expliquer sinon l'arrivée si tardive des résultats des fédérations de la Seine-Maritime et du Nord ?
Ces "fédés" où on rectifie (ce ne sont pas les seules), une pratique cautionnée par tous nos dirigeants nationaux, connue des militants, et désormais qui éclate au grand jour, aux yeux du peuple de gauche.
Alors je vous donne sans trop de risque la suite du film. Ségolène ne sera pas élue Premier Secrétaire parce qu'ils ont décidé qu'elle ne le serait pas.
Avec beaucoup d'affection, je vois certains d'entre nous se débattre, faire remonter des contentieux. Ils ont raison. C'est pertinent parce qu'à chaque fois qu'on trouve une irrégularité, un oubli, cela sape la légitimité du vote. Mais les jeux sont faits.
On pourra prendre en compte le résultat rectifié de la Moselle, s'étonner que le résultat de la Nouvelle Calédonie n'ait pas encore été enregistré, regarder avec stupéfaction un reportage de France 3 Nord qui montre comment dans une section on rajoute 20 voix à Martine. Tout cela la commission de recollement va le prendre en compte. Les ségolistes pensent au moment où j'écris avoir gagné. Mais sauf écart trop grand comme aux présidentielles, ils se trompent. Ici ou là, dans des salles obscures, la riposte s'organise. Et demain matin je ne doute pas que de nombreuses erreurs en faveur de Martine seront présentées en commission de récolement.
Vous avez bien compris que je souhaite me tromper, que ce billet n'est pas celui d'une résignation mais un billet, au contraire, d'une froide détermination.
C'est pour cela que j'en reviens au titre de mon billet : faire de Reims la Floride du vieux parti. Quand il y a des mouvements aussi profonds, on peut y résister un temps mais l'histoire démontre qu'ils ont toujours gain de cause.
Regardez ce qui s'est passé aux Etats-Unis. Les Républicains ont gagné dans les conditions que l'on sait en 2000. Et Barack Obama a tout emporté. Un raz de marée démocrate sans précédent a déferlé cette fois. ce sera pareil pour nous. Martine n'est aujourd'hui que l'instrument de ce vieux parti qui vit ces derniers soubresauts. Soyez en persuadé, c'est le chant du cygne.
Il y a toutefois une condition à cela. C'est que vous restiez. La seule chance, vous m'entendez bien, la seule chance qu'ils ont de continuer à gérer leurs petites affaires, c'est que vous partiez. Ils comptent sur votre déception, votre désarroi. Par pitié, ne leur offrez pas cette double victoire.
Trois ans, dans le temps politique, c'est court. Cela représente 1095 jours. C'est aussi, pourquoi ne pas le dire, 135 euros (3 fois 45 euros minimum). C'est important surtout en temps de crise économique, de remontée du chômage, de précarité accrue. Mais si vous rapportez ces 135 euros aux 1095 jours qui nous séparent de l'investiture présidentielle, cela représente 12 cts d'euros par jour! Avec 12 cts d'euros par jour, vous détenez l'avenir du Parti Socialiste et de la gauche en France. Cela vaut le coup quand même!
Cela sera très dur. Beaucoup d'entre vous vont découvrir l'âpreté du débat, les rapports de force, la violence du propos parfois... Tout cela n'est rien quand on est porté par la conviction que nous obtiendrons demain ce que l'on aura peut être pas tout de suite. Soyez patients, endurez, courbez l'échine mais ne rompez jamais. Restez!
Je suis votre Premier Secrétaire Fédéral, c'est à dire que je ne suis pas que ségoliste. J'ai en responsabilité la gestion, la parole du parti socialiste dans ce département et aussi une certain idée de cette fonction qui fait que, pour moi, l'intérêt général prime toujours sur les intérêts particuliers. C'est ce qui me permet d'être respecté par beaucoup. Je continuerai donc à gérer cette fédération avec un accord loyal avec la motion C où il y a des talents et des gens qui ont le sens du Parti.
Mais ce n'est pas parce que les principes d'impartialité et de justice me guident dans l'exercice de ma fonction que je suis angélique. Personne ne doit le croire, sinon je ne serai pas parvenu à faire ce que j'ai réalisé jusqu'à présent. Mais j'ai des convictions, ce sont les nôtres.
Je vais vous aider, vous aider à vous structurer, à vous organiser. Je vais vous demander de faire adhérer encore et encore parce que seule la force militante peut faire rompre les digues des grosses fédérations comme ce fut le cas au moment de l'investiture présidentielle. On "bidouille un résultat" à 52-48, pas à 60-40.
C'est cela qui doit désormais guider votre action militante interne au parti.
21 novembre 2008
Lettre ouverte aux camarades de la motion C
Cher(e) camarade,
Tu as voté pour la motion C le 6 novembre dernier et pour Benoit HAMON, hier soir.
Ce choix est tout à fait respectable et honorable. Il correspond à l’héritage d’une tradition politique majeure au sein du PS.
La ligne que tu as défendue est claire, la campagne que tu as menée dans nos fédérations a été propre et ton courant est représenté par deux dirigeant de grande de qualité.
Il y a Benoit HAMON, le « quadra », expérimenté puisque formé, il y a plus de 20 ans à la même école que moi, les clubs « Forum » de Michel Rocard avec Manuel VALLS et tant d’autres. C’es l’homme du MJS autonome. C’est le cofondateur du NPS. Sa volonté de rénovation est une constante et nul ne peut contester qu’il est la révélation de cette campagne interne.
Il y a aussi Henri EMMANUELLI, l’ancien, que je considère comme un grand monsieur, car la grandeur se mesure aux actes. Et trois dans son parcours politique m’ont marqué.
En 1995, Henri est notre 1er secrétaire. Il est candidat à la candidature pour l’élection présidentielle. Les militants choisissent Lionel JOSPIN qui accède au second tour mais s’incline face à Jacques CHIRAC en recueillant 47% des voix. Henri en prend acte et, le lendemain, remet à Lionel les clefs du Parti. Il en eu le courage. François HOLLANDE ne l’a pas fait au soir du 6 mai 2007.
Trésorier du Parti Socialiste dans les années 80, Henri fut par ailleurs condamné à l’inéligibilité. Il a payé seul des pratiques qui étaient collectives, pour ne pas dire généralisées, mais jamais il ne s’en est plaint publiquement.
Il a une nouvelle fois montré des qualités rares en politique en passant la main le plus naturellement du monde avant le congrès de Reims. Peu de responsables politiques sont capables de cela.
Tout ceci pour te dire que j’ai la plus grande estime pour la ligne politique et les hommes sur lesquels s’est porté ton choix.
Mais tu t’en doutes, si je t’écris aujourd’hui, c’est que je souhaite te parler de l’importance que revêt pour nous tous le vote de ce soir.
C’est toi qui a en main, au bout de ton bulletin de vote, le destin du Parti et celui de la gauche. Ta responsabilité est immense.
Comme Bertrand DELANOE, lundi soir, Benoit HAMON a appelé à voter pour Martine AUBRY en prenant néanmoins le soin d’expliquer qu’il n’était pas propriétaire des voix de ses électeurs, c’est à dire qu’il les laissait libre de leur choix.
Il y a plusieurs manières de lire le résultat d’hier soir.
La première est une lecture purement arithmétique, et elle est favorable à Martine AUBRY qui pourrait au jeu des additions l’emporter avec 57% des voix.
Mais la dynamique politique défie constamment l’arithmétique, le vote d’hier soir en a apporté une nouvelle démonstration. Mathématiquement, Martine aurait dû l’emporter dès le premier tour, car le total des voix de Bertrand et des siennes atteignaient les 50%. Or, elle n’a obtenu que 34% ! Tout le monde le passe sous silence pour minimiser l’événement, mais c’est tout de même un échec retentissant.
Ce score n’est pas imputable à sa personne, loin de là. J’ai un temps été l’animateur de ses clubs AGIR, lorsque je pensais que la rénovation pouvait passer par elle, après le Congrès de Liévin. Si elle n’est qu’à 34% c’est qu’elle symbolise le vieux Parti dont les militants ne veulent plus.
Tu dois avoir cette donnée à l’esprit en analysant ces résultats.
Certes, on peut considérer que 57% des militants ne veulent pas d’une alliance au centre, mais il n’en a jamais été question. Maintenant que le Congrès est terminé, cessons ce faux procès fait à Ségolène ROYAL depuis le début du Congrès.
Je te rappelle une « énième » fois le leitmotiv de la motion E :
1/ On rassemble les socialistes.
2/ On s’adresse à toutes les composantes gauche et on rassemble le plus largement possible.
3/ Sur la base d’un projet commun, on s’ouvre ensuite aux démocrates, aux défenseurs de la laïcité et des services publics pour mettre fin au Sarkozysme.
Il n’y a rien d’autre dans notre motion.
Et ne sombrons pas dans les raccourcis simplistes du style 70% des militants ont refusé l’alliance avec le Modem. Ce serait un débat stérile de plus, car on pourrait dire qu’il n’en reste plus aujourd’hui que 57%, ce que je ne crois pas.
Tu peux aussi lire ce résultat autrement et voir que 66% des militants ont clairement indiqué qu’ils voulaient la rénovation, soit les deux tiers. C’est un chiffre impressionnant, sans précédent. Peut-on continuer à ne pas le voir et à maintenir coûte que coûte le couvercle de la « cocotte-minute » fermé ? Peut-on maintenir notre confiance dans un fonctionnement et une génération politique qui nous ont conduit à la situation actuelle ?
Si tu te poses cette question, ce soir, tu dois voter pour Ségolène ROYAL. Cela n’entachera en rien ta loyauté envers Benoit HAMON et les idées qu’il a défendues.
Je te demande de réfléchir à l’après 21 novembre. Comment ce Parti va-t-il être dirigé si Martine AUBRY gagne ? Imaginons même qu’elle fasse entre 51% à 55%. Le parti sera ingouvernable pour les raisons suivantes.
Il y aura en face une minorité, très forte, capable de réunir près la majorité seule contre tous, Soudée par un projet, cimentée par un Congrès, par une vision de la rénovation du Parti, une vraie génération politique est née.
En face, il y aurait une majorité totalement hétéroclite, ingouvernable car qu’y a-t-il de commun entre
- un Michel ROCARD, qui préconisait l’alliance avec le MODEM avant le 1er tour de l’élection présidentielle et un Gérard FILOCHE aux petits soins pour Olivier BESANCENOT ?
- Un Laurent FABIUS et un Lionel JOSPIN, à l’origine de tant de haine au sein de notre parti depuis le Congrès de Rennes ?
- Une Marie Noëlle LIENEMANN « Noniste » convaincue et un Jack LANG, grand défenseur du traité constitutionnel et qui est celui qui, en mêlant sa voix à la droite, a permis à Nicolas SARKOZY de faire passer sa réforme constitutionnelle. - Un Laurent FABIUS (encore lui !) défenseur des baisses d’impôts et créateur de la prime de l’emploi et un Henri EMANUELLI, qui a toujours considéré que ces politiques constituaient une escroquerie politique au détriment du pouvoir d’achat par le salaire ?
Voilà le visage de la future majorité du Parti si Martine AUBRY gagne. Aucune cohérence. C’est tout simplement effrayant.
Et Benoit HAMON noyé la dedans, qui serait l’otage de tout cela.
Je te propose un autre choix, une autre perspective politique.
Vote Ségolène ROYAL, et fait de Benoit HAMON son principal opposant. Ouvre à l’une et à l’autre un véritable espace politique parce que c’est entre eux deux que doit s’organiser le seul débat politique qui vaille.
Je suis en outre convaincu qu’ils sont capables de s’entendre sur une gouvernance du parti qui ne bloque pas son fonctionnement et qui soit garante de sa rénovation, sans renoncer l’un ni l’autre à leurs options fondamentales.
En fait, ce que je te propose, c’est de faire du Congrès de Reims, l’Epinay des militants, parce que nos dirigeants n’ont plus la force de le faire eux-mêmes.
Avec mes amitiés socialistes.
Patrick ALLEMAND
19 novembre 2008
A tous les socialistes des Alpes-Maritimes
Cher(e)s camarades,
Que vous vous soyez abstenu le 6 novembre ou que vous ayez voté pour telle ou telle motion – et chaque expression doit être respectée – jamais, dans l'histoire de notre parti, la responsabilité des militants n'a été aussi grande. Une mobilisation sans précédent est indispensable.
La tentation pourrait être forte de tout laisser tomber. Parce qu'il y en a assez de ces divisions irresponsables, parce qu'il y en a assez de ces règlements de comptes personnels, parce qu'il y en a assez des calculs carriéristes qui font passer au second plan le véritable sens de notre engagement. C'est justement pour ça qu'il ne faut pas lâcher ! Montrez à nos dirigeants que les militants, eux, savent prendre leurs responsabilités.
Ici dans les Alpes-Maritimes il n'y a plus d'enjeu fédéral. Ceux qui ont souhaité établir un rapport de force ont pu le faire le 6 novembre. Le résultat du 20 novembre ne le modifiera pas.
Notre fédération a même donné l’exemple en ne laissant en course qu’un seul candidat – Patrick ALLEMAND, mandataire de la motion E arrivée en tête avec 45% des voix – pour le poste de 1er secrétaire fédéral.
Au-delà des clivages, les représentants de tous les courants ont reconnu la légitimité de la motion qui a recueilli le plus de suffrages et ont affirmé leur volonté de travailler ensemble et dans le respect des sensibilités de chacun.
Malheureusement, cette attitude responsable n’a pas prévalu au Congrès de Reims. Heureusement, c’est vous, les militants, qui demain allez reprendre la parole. Et vous avez toutes les données du problème entre les mains. Elles sont simples.
Soit, vous choisissez de conserver un fonctionnement interne inchangée et une équipe dirigeante composée de responsables politiques qui squattent les instances nationales depuis des décennies. Soit vous faites le choix du renouvellement politique et générationnel, d’un fonctionnement et de pratiques rénovés, de comportements transparents et d’un parti ouvert à tous, en particulier aux jeunes et aux classes populaires, en votant pour Ségolène Royal et Vincent Peillon.
Le risque aujourd'hui, ce n'est pas le changement, c'est l'immobilisme.
Ne nous tournons pas vers le passé et une candidature dont les principaux soutiens sont les acteurs majeurs du congrès de Rennes, encore en activité 18 ans après.
Au contraire, faisons le choix de l'avenir, d'une candidate, Ségolène Royal qui met en avant une équipe et non une seule personne. Une équipe solidaire qui agira collectivement, qui comprend à la fois une nouvelle génération (Delphine Batho, Najat Belkacem, Aurélie Filippetti, Vincent Peillon, Manuel Valls, etc.), des élus expérimentés (Jean-Louis Bianco, François Rebsamen, etc.), et des élus de terrain (Dominique Bertinotti, Gérard Collomb, Jean-Noël Guérini, Jean-Jack Queyranne...). Cette équipe sera ouverte à tous les talents des autres motions du PS.
Jeudi 20 novembre, venez massivement voter pour un grand parti socialiste d'avenir qui nous permettra de battre Sarkozy et sa politique, un grand parti socialiste qui nous rendra fiers d'être socialistes.
Jeudi, votre voix comptera autant que celle de n'importe quel grand élu ou «éléphant », c'est le vote militant qui fera la décision.
C'est vous qui détenez l'avenir du PS entre vos mains.
Le peuple de gauche, les Français attendent le changement au PS, ne les décevons pas !
Amitiés socialistes,
Patrick Allemand, mandataire de la motion. Et Christine Boiron – Conseillère municipale ; Pierre Bonnet – Conseiller municipal ; Marc Concas, conseiller général ; Antoine D’Aquino, conseiller municipal, Antoine Damiani, maire de Carros ; Micaëla Darmon-Vassileff – Conseillère régionale ; Marc Daunis, sénateur-maire de Valbonne ; Abderrazak Fetnan – Conseiller municipal ; Frédérique Grégoire-Concas – Conseillère municipale ; François-Xavier Noat – Vice-Président CCCA ; Marc Orsatti – Conseiller municipal ; Tony Raye – Maire adjoint ; Grace Taiana – Conseillère municipale ; Pascale Trublin – Conseillère municipale
Jeannette Aerts ; Rabia Aitlachgar ; René Albert ; Sallah Almusawi ; Jean Louis Alunno ; Maurice Alziary ; Yasmina Nadine Amara ; Samira Ameur ; Michèle Aschéri ; Pierre-Jean Avellino ; Fouzia Ayoub ; José Bacchi ; René Ballard ; Claude Bansart ; Liliane Barrière ; Louis Barrière ; Christophe Bellec ; Khaled Benabderrahmane ; Jacob Benitah ; Daniel Benteux ; Marie Amelie Beri ; Rodolphe Bochew ; Jean-Marc Bonnet ; Alain Borry ; Philippe Bourdon ; Zine Bribri ; Michèle Brun-fighiera ; Dominique Campesato ; Pascale Campesato ; Florian Camps ; Jocelyne Capuozzo ; Bruno Certa ; Joëlle Chomicki ; Paul Chomicki ; Simone Clamens ; Clémentine Concas; Igor Conti ; Pierre Courageux ; Raymond Et Arlette Courchia ; Jean Crespi ; Micheline Crespi ; Daniel Danquigny ; Marie-Claude De Grima ; Frédéric Delestré ; Alain Delpont ; Jean-Luc Derycke ; Henri Deschaux Beaume ; Corinne Dubresson ; Annie Durante ; Michèle Edouard ; Ilham El Kaouak ; Pierre Escafit ; Marie-Paule Escafit-pace ; Alain Experton ; Carole Experton ; Thibaut Experton ; Frank Filippi ; Irene Fiore ; Jean Pierre Fiore ; Fatima Fqih ; Khadija Fqih ; Mohamed Fqih ; Gilles Francois ; Jolfred Fregonara ; Nicolas Gainard ; Raphael Galmiche ; Jocelyne Galy ; Marie-Caroline Garabiol ; Xavier Garcia ; Christian Garnier ; Josseline Gaud Muths ; Sylvie Gautier ; Joseph Grisoni ; Paule Grisoni ; Paule Grisoni ; Simon Israel ; Simon Jaugey ; Sébastien Jeanjean ; Slah Jeribi; Patricia Kleinhans ; Yannick Labancz ; Véronique Lacoste-herve ; Christiane Lambert ; Stéphane Landais ; Charlotte Laugier ; Michel Le Bellac ; Loïc Le Toumelin ; Jacqueline Leblanc ; Loïc Léonhard ; Andree Letroublon ; Monique Letroublon ; Gustavine Mabiala ; Laetitia Macquin-soignier ; Anne Majri ; Hedi Majri ; Pascale Malamaire ; David Manassen ; Bernard Marmet ; Jean-Paul Martin ; Françoise Martinez-sozedde ; Raymond Médioni ; Joëlle Meilleurat ; Roger Molinari ; Alain Moreau ; Catherine Mouet ; David Nakache ; Françoise Nivault ; Paul Nivault ; Valérie Nucera ; Jean-Claude Orru ; Emile Orsatti ; Marie Orsatti ; Christine Paglione ; Régine Pelissier ; Elisabeth Périnet ; Yvonne Pérosino ; Philippe Poligalli ; Laurent Pratensi ; Florence Rahmane ; Christine Raye ; Claudine Raymond ; Alice Rodriguez ; Antoine Rodriguez ; Elodie Roux ; Annie Salotti ; Mireille Saulnier ; Georges Sauve ; Isabelle Sauve ; Félix Scurti ; Patrick Sellier ; Frederic Sergent ; Evelyne Serra ; Jean-Claude Serres ; Lydia Simo ; Dani Sire ; Zacharie Sobh ; Sébastien Soignier ; Geoffroy Soutrelle ; Jacques Soyer ; Jean Paul Sozedde ; Binguitcha Tchakondor ; Colette Todesco ; Pierre Todesco ; Marie-Paule Trambouze ; Gilles Trehin ; Jean Francois Verdier ; Jean Luc Vergeot ; Liliane Vergeot ; Jacky Verplaetse ; Francine Viseur ; Geraldine Viseur…
15 novembre 2008
La candidature d'Eric Ciotti... à St Martin Vésubie
COMMUNIQUE DE PRESSE
La candidature d'Eric Ciotti dans le canton de Saint-Martin Vésubie n'étonne personne car elle est une magouille politique de plus.
C'est une démarche opportuniste qui révèle un profond mépris des électeurs et des territoires.
Alors qu'une élection partielle se profile dans le 12ème canton, ce choix peu glorieux révèle un député sur la défensive, déjà battu dans le 1er canton et terrorisé par l'idée d'un second échec dans sa circonscription.
C'est enfin la poursuite implacable de la volonté d'un clan de s'accaparer tous les pouvoirs dans le département. Le Parti socialiste mettra tout en oeuvre pour faire barrage a ce projet et interpellera tous les Vésubiens, qui ont désormais le destin des Alpes Maritimes au bout de leur bulletin de vote.
08 novembre 2008
Congrès Fédéral : deux coups de tonnerre dans l'après midi
Les tractations sont allées bon train, notamment en fin d'après midi dans les salles de la salle des fêtes de Valbonne où se déroulait le congrès fédéral.
Bien sûr, nous en avons profité pour écouter un propos de notre sénateur, Marc Daunis. Parce que cette élection est devenue le nouveau symbole de la résistance au système Estrosi, et que cette résistance à gauche, c'est le PS qui l'incarne et c'est autour du PS qu'elle doit s'organiser.
Mais une journée de congrès est toujours longue, sujette à rebondissements.
La matinée a été consacrée au vote du quitus financier (voté à une écrasante majorité par les délégués), puis au débat sur le rapport d'activité fédéral, qui lui, a été voté par les militants à 80%.
Mais c'est en fin d'après midi, sous un beau soleil revenu, que se sont abattus sur Valbonne deux coups de tonnerre.
Il y a d'abord la composition des instances fédérales, qui se fait à la proportionnelle du résultat du vote.
Nous avons désigné deux tiers du conseil fédéral soit 38 membres.
La motion A (Delanoé) avait 6 membres. Ils ont choisi l'expérience
La motion C (Hamon) a désigné 11 membres dont 3 nouveaux
La motion D (Aubry) a désigné 3 membres dont 2 nouveaux
La motion E (Royal) a désigné 18 membres dont 13 nouveaux
Si l'on ajoute qu'il y aura 7 nouveaux sur 9 à la commission des comptes, et 5 sur 9 à la commission des conflits, cela porte au total à 30 sur 56 le nombre de camarades élus à des responsabilités fédérales, qui n'en ont jamais exercé!
C'est un fait sans précédent. En plaçant Ségolène très largement en tête dans les AM, nos militants ont montré qu'ils souhaitent une rénovation profonde du parti. Ce renouvellement aussi massif va dans ce sens. Tous ces nouveaux ne sont pas forcément des jeunes au niveau de la carte d'identité, mais ils portent tous la rénovation.
J'ai été élu premier secrétaire fédéral en 2000, par la génération qui vient aujourd'hui, de passer la main dans la sérénité. C'était la génération Colonna. J'en étais à l'époque et de très loin, le benjamin. J'avais su les convaincre, m'appuyer sur leur expérience, mais je n'étais pas des leurs parce que je n'avais connu, ni la convention des institutions républicaines, ni Epinay. J'étais un militant de 1981 et en plus rocardien. J'ai mis 19 ans pour accéder à la responsabilité de Premier Secrétaire Fédéral.
Ce qui s'est passé aujourd'hui est d'une autre nature. Sur les 28 membres que nous avons désigné au titre de la motion E, 22 n'ont jamais exercé aucune responsabilité fédérale et pourtant je n'ai pas peur. Tout simplement parce que j'ai vu éclore peu à peu ces nouveaux talents depuis 2004, puis depuis l'élection présidentielle. Désirs d'Avenir a été un formidable vivier. Pendant la présidentielle, puis régulièrement dans des réunions, et notamment pendant la préparation du congrès, avec l'aide de quelques anciens, je les ai formés.
Ils connaissent du parti toutes les vertus mais aussi tous les vices. Ils n'ont plus aucune illusion et sont prêts à rénover ce parti, à construire, à s'investir. Comme il y a eu la génération Colonna, celle qui arrive aujourd'hui aux affaires, c'est la mienne et c'est ma fierté. C'est là que se trouvent les talents de demain.
Le second coup de tonnerre s'est produit un peu plus tard au moment de l'appel des candidatures au poste de Premier Secrétaire Fédéral. Lorsque j'ai posé la question à la salle, aucune voix ne s'est élevée. Les représentants des motions A,C et D ont indiqué qu'ils ne présentaient pas de candidats.
C'est la première fois que ce choix a été fait. Traditionnellement j'avais un adversaire. Cette fois ils ont pris acte de la volonté des militants parce que si 45 ce n'est pas 50, ce n'est pas loin de 50 ! Je ne peux que rendre hommage à cet acte politique qui renforce mon leadership mais me donne aussi de nouvelles responsabilités et de nouveaux devoirs. Créer de nouveaux espaces politiques pour que chacun puisse vivre dans cette fédération en bonne intelligence. Sans oublier le rôle de Paul Cuturello et de Yann Librati qui ont permis au fil des années de créer au delà de nos divergences de fond les conditions d'un travail et d'une concertation de qualité au service de notre parti dans ce département.
Mais le message de sortie de ce congrès fédéral est fort. Les socialistes des Alpes-Maritimes sont rassemblés. Ils sont désormais en ordre de marche face à une droite estrosiste ultra-puissante mais de plus en plus divisée. C'est aussi un message qu'ils adressent à nos responsables nationaux. Réussissons ensemble le congrès de Reims. le peuple nous attend, le peuple a besoin que l'on incarne ensemble à nouveau l'espoir.
07 novembre 2008
Une volonté de rénovation
Après plusieurs mois de campagne qui ont été éprouvantes mais qui ont abouti au final à des débats courtois et surtout très riches sur le fond, les militants du Parti socialiste votaient hier pour les motions en lice au Congrès de Reims.
Localement, environ 1800 adhérents à jour de cotisation étaient appelés aux urnes. 1183 ont bravé les orages pour venir voter dans leur section. C'est un chiffre positif même si nous devons avoir pour ambition de revenir au-delà de 2000 adhérents à jour de cotisation comme c'était le cas avant l'élection présidentielle. Ce devra être une des priorités de la prochaine équipe fédérale.
Les résultats m'ont pleinement satisfait. Pour être honnête, nous pensions être en tête mais je n'attendais pas la motion E à un tel niveau même si au vu des débats de motion dans les différentes sections, j'étais assez confiant. 45% c'est un très beau score. Lorsque j'en ai eu connaissance j'ai senti qu'il y aurait une dynamique nationale favorable à Ségolène et cela m'a été confirmé par les premiers échos des autres fédérations. Au final, les 29% obtenus nationalement par notre motion constitue une vraie performance dans le contexte actuel. Je crois que ce score valide la stratégie de Ségolène Royal qui en mettant "son ambition au frigidaire" a permis de focaliser l'attention sur les débats de fond et sur le thème de la rénovation.
Ici comme nationalement, le grand perdant a été Bertrand Delanoë dont la campagne s'est essouflée, sans doute parce qu'il incarnait trop la continuité. Au niveau national comme dans les Alpes-Maritimes, cette motion (la A) comptait de nombreuses personnalités de qualité mais le thème de la rénovation leur a échappé alors qu'il était fondamental aux yeux des militants. Le temps où la notabilisation faisait l'élection est sans doute révolue au PS.
Outre la motion E, la rénovation était incontestablement portée par la motion C et son leader Benoit Hamon, même si nous ne sommes pas d'accord sur toutes les modalités de la refondation du parti socialiste. Ce n'est donc pas un hasard si l'aile gauche du parti a réalisé un meilleur score que prévu, nationalement (19%) comme localement (29%). La dynamique était perceptible au travers des réunions de section où les analyses de la motion C sur la crise financière rencontraient un écho inhabituel chez les militants. Et Benoit Hamon a sans doute mieux incarné le renouveau que les précédents leaders de l'aile gauche.
Enfin, on a peu parlé de Martine Aubry mais le fait qu'elle fasse jeu égal avec Bertrand Delanoë est une vraie performance. Au niveau fédéral, cela ne s'est pas traduit par un score élevé car Martine Aubry comptait peu de relais dans les Alpes-Maritimes. Christine Dorejo, mais aussi Pierre Gibelin et Michelle Spizzo, ont fait un gros travail pour combler ce handicap et dans ces circonstances les 8% qu'ils ont obtenus sont loin d'être infamants.
Quoi qu'il en soit, le vote d'hier n'était pas une fin en soi. Il reste une majorité cohérente et dynamique à trouver à notre parti et il faut rapidement se mettre au travail pour parvenir aux conditions d'un vrai rassemblement. Car si Ségolène est désormais incontournable, la motion E devra composer avec d'autres bonnes volontés.
Je n'ai aucun a priori sur les alliances et je pense que Ségolène Royal a eu la bonne attitude ce matin en se gardant de tout triomphalisme et en appelant au rassemblement. Le fait qu'elle ait appelé ce matin tous ses concurrents est de bonne augure pour la suite. Cela ne veut pas dire qu'elle va immédiatement trouver une majorité autour d'elle mais cela va dans le sens d'une dynamique d'unité. Et après la cacophonie de ces derniers mois, la dernière chose dont notre parti a besoin c'est d'un remake du congrès de Rennes.
Cette dynamique d'unité est tout sauf artificielle en plus. Nous avons organisé plusieurs dizaines de débats dans notre fédération et plusieurs milliers nationalement. Il en ressort que derrière la rhétorique de congrès qui porte parfois à l'exagération, ce qui nous rassemble est infiniment plus important que ce qui nous divise.
Il ne s'agit pas de nier des divergences doctrinales. Elles existent et il faut les assumer entre nous. Mais elles sont conciliables pour la plupart.
La seule chose sur laquelle je souhaite qu'on ne transige en aucun cas, c'est la rénovation du parti. Tout simplement parce qu'elle est aujourd'hui indispensable si nous voulons redevenir un parti de gouvernement. Nos valeurs et nos objectifs n'ont pas changé et je crois profondément qu'ils restent plus que jamais d'actualité. Mais leur mise en oeuvre réclame de nous un changement profond de nos pratiques. Je crois que s'il y a un message à retenir du vote d'hier c'est celui-là.
05 novembre 2008
Obama ou le retour de l'espoir en politique
De nos jours l'adjectif historique est devenu galvaudé tant il est utilisé pour tout et n'importe quoi. Mais ce que nous avons vécu cette nuit fait partie de ces moments où des années plus tard, chacun se souvient où il était et avec qui lorsqu'il a pris connaissance de l'évènement, quand bien même la nouvelle était attendue.
Le fait qu'un métis accède à la tête d'un pays encore largement ségrégationniste il y a moins de cinquante ans et devienne ainsi l'homme le plus puissant du monde est un évènement en soi dans un monde post-colonial où les blessures du passé ne sont pas encore refermées. La victoire d'Obama rend leur dignité aux descendants d'esclaves aux Etats-Unis et au-delà à tous les Noirs en Afrique et dans le monde.
Mais l'accession d'Obama à la présidence des Etats-Unis va au-delà du simple facteur racial. Si Colin Powell avait été élu, l'évènement aurait eu à mon sens beaucoup moins d'ampleur. Car Barack Obama est un personnage extraordinaire. Il dégage un charisme hors du commun et a su ressuciter l'espoir en la politique, l'espoir d'un monde meilleur, des choses simples mais que l'on croyait appartenir au passé.
En une seule nuit, il a redonné envie au monde entier d'aimer les Etats-Unis d'Amérique qui sous George Bush sont devenus décriés comme jamais dans le monde entier. Et ce n'est pas seulement la couleur de sa peau qui fait ressentir ce sentiment partout dans le monde, même si certains soutiens ne sont évidemment pas dénués d'arrière-pensées. Compte tenu des positions d'Obama sur les services publics et l'Etat-Providence, voir l'UMP se saisir du phénomène Obama ne manque pas de sel. Bien sûr, aux Etats-Unis, le centre de gravité droite-gauche n'est pas le même qu'en France, mais quand on voit Eric Ciotti, dont les positions sur la sécurité et sur le système social ferait pâlir d'envie n'importe quel républicain américain, se déclarer supporter d'Obama, on croit rêver!
Qu'importe, la campagne de Barack Obama a été magnifique de bout en bout. Il n'a quasiment commis aucune erreur alors que son comportement et ses déclarations sont scrutés quotidiennement à la loupe depuis près de deux ans. La mobilisation sur le terrain et sur internet organisée par son équipe de campagne est déjà devenue un modèle du genre. Elle lui a permis de récolter 650 millions de dollars sans être otage des lobbies. Mais ce qui me frappe chez lui est son style oratoire très rationnel. Il n'est pas du tout dans l'émotion et dans l'emphase. Et pourtant, ses discours sont extraordinairement émouvants. En cela, il rappelle John Fitzgerald Kennedy.
Mais qu'on ne s'y trompe pas, le plus dur commence pour Obama. On n'imagine sans doute pas l'ampleur de la crise qui frappe les Etats-Unis. Et la situation pourrait encore s'aggraver. Plus encore que sur sa politique étrangère, c'est sur la gestion de cette récession et sur sa capacité à mener à bien son projet de système d'assurance maladie universelle qu'il sera jugé. S'il réussit, il rentrera dans l'histoire aux côtés des grands présidents démocrates tels que Franlin Roosevelt et JFK. S'il échoue, la déception sera à la mesure de l'espoir suscité. Un espoir immense.


















