Le blog de Patrick Allemand

Blog du 1er vice-président de la Région PACA et conseiller municipal de Nice

23 novembre 2008

Aux militants ségolistes : Avec vous, nous ferons de Reims la Floride du vieux Parti

ps

La Floride, rappelez vous, c'était il y a 8 ans!

Tout le monde se gaussait de voir la plus grande démocratie au monde engluée dans un compte, décompte et recompte qui n'en finissait pas dans cet état de Floride où tout a basculé et qui a finalement assuré l'élection de Georges Bush.

Huit ans après, nous avons notre Floride, c'est la rue de Solférino! Je ne m'étais pas exprimé depuis le second tour de l'élection du premier secrétaire. D'abord parce que la colère à chaud est mauvaise conseillère, ensuite parce que je fais encore confiance à François Hollande pour ne pas laisser faire n'importe quoi demain en commission nationale de recollement des votes.

Mais en fin de matinée, j'ai été faire le marché et j'ai compris que se taire n'était pas la bonne solution. En tout cas ce n'est pas ce que nos sympathisants attendent. J'ai compris que notre démocratie interne ne se remettra pas facilement de la nuit du 21 novembre!

Les gens ne sont pas dupes. Comme me l'a dit un retraité, on n'aime pas se coucher avec une première secrétaire et se réveiller avec une autre! La suspicion dans l'opinion est générale. La menace de la justice qui plane désormais sur ce vote, et Jean Pierre Mignard a raison de la brandir, accentue ce malaise, parce que la justice, dans l'opinion, cela veut dire acte illégal. Le fait que l'on ai proposé une personnalité aussi incontestable que celle de Robert Badinter pour présider une commission de conciliation et que cette proposition soir restée lettre morte va aussi dans ce sens. Par contre, il y aura une commission de recollement ou se trouvent à parité les représentants des deux finalistes. Jusque là rien à dire sauf qu'on y a rajouté un représentant de... Benoit Hamon! Si j'étais à sa place, je n'enverrai personne, estimant que ce n'est pas mon affaire.

Pas un français qu'il soit de droite ou de gauche ne croit encore que ce vote s'est passé dans des conditions régulières. C'est en cela que le Parti Socialiste est le grand perdant de ce scrutin interne. Son image est salie. Ceux qui ont pris cette responsabilité en mesureront bientôt les conséquences. Commentaire d'un couple à Saint Roch au marché ce matin : "Monsieur Allemand, on vous aime bien, mais on peut plus continuer à voter pour un parti pareil". C'est dur à entendre et en même temps peut-on leur en vouloir?

C'est terrible car ce qui ressort de cette affaire c'est qu'il y a au Parti et dans la bouche de nos leaders, un décalage terrible entre les mots et les actes. Parti de la démocratie interne disons nous. Oui mais à condition que cela ne mette pas en cause l'essentiel ! Sinon le recours aux bonnes vieilles méthodes est toujours possible. Comment expliquer sinon l'arrivée si tardive des résultats des fédérations de la Seine-Maritime et du Nord ?

Ces "fédés" où on rectifie (ce ne sont pas les seules), une pratique cautionnée par tous nos dirigeants nationaux, connue des militants, et désormais qui éclate au grand jour, aux yeux du peuple de gauche.

Alors je vous donne sans trop de risque la suite du film. Ségolène ne sera pas élue Premier Secrétaire parce qu'ils ont décidé qu'elle ne le serait pas.

Avec beaucoup d'affection, je vois certains d'entre nous se débattre, faire remonter des contentieux. Ils ont raison. C'est pertinent parce qu'à chaque fois qu'on trouve une irrégularité, un oubli, cela sape la légitimité du vote. Mais les jeux sont faits.

On pourra prendre en compte le résultat rectifié de la Moselle, s'étonner que le résultat de la Nouvelle Calédonie n'ait pas encore été enregistré, regarder avec stupéfaction un reportage de France 3 Nord qui montre comment dans une section on rajoute 20 voix à Martine. Tout cela la commission de recollement va le prendre en compte. Les ségolistes pensent au moment où j'écris avoir gagné. Mais sauf écart trop grand comme aux présidentielles, ils se trompent. Ici ou là, dans des salles obscures, la riposte s'organise. Et demain matin je ne doute pas que de nombreuses erreurs en faveur de Martine seront présentées en commission de récolement.

Vous avez bien compris que je souhaite me tromper, que ce billet n'est pas celui d'une résignation mais un billet, au contraire, d'une froide détermination.

C'est pour cela que j'en reviens au titre de mon billet : faire de Reims la Floride du vieux parti. Quand il y a des mouvements aussi profonds, on peut y résister un temps mais l'histoire démontre qu'ils ont toujours gain de cause.

Regardez ce qui s'est passé aux Etats-Unis. Les Républicains ont gagné dans les conditions que l'on sait en 2000. Et Barack Obama a tout emporté. Un raz de marée démocrate sans précédent a déferlé cette fois. ce sera pareil pour nous. Martine n'est aujourd'hui que l'instrument de ce vieux parti qui vit ces derniers soubresauts. Soyez en persuadé, c'est le chant du cygne.

Il y a toutefois une condition à cela. C'est que vous restiez. La seule chance, vous m'entendez bien, la seule chance qu'ils ont de continuer à gérer leurs petites affaires, c'est que vous partiez. Ils comptent sur votre déception, votre désarroi. Par pitié, ne leur offrez pas cette double victoire.

Trois ans, dans le temps politique, c'est court. Cela représente 1095 jours. C'est aussi, pourquoi ne pas le dire, 135 euros (3 fois 45 euros minimum). C'est important surtout en temps de crise économique, de remontée du chômage, de précarité accrue. Mais si vous rapportez ces 135 euros aux 1095 jours qui nous séparent de l'investiture présidentielle, cela représente 12 cts d'euros par jour! Avec 12 cts d'euros par jour, vous détenez l'avenir du Parti Socialiste et de la gauche en France. Cela vaut le coup quand même!

Cela sera très dur. Beaucoup d'entre vous vont découvrir l'âpreté du débat, les rapports de force, la violence du propos parfois... Tout cela n'est rien quand on est porté par la conviction que nous obtiendrons demain ce que l'on aura peut être pas tout de suite. Soyez patients, endurez, courbez l'échine mais ne rompez jamais.  Restez!

Je suis votre Premier Secrétaire Fédéral, c'est à dire que je ne suis pas que ségoliste. J'ai en responsabilité la gestion, la parole du parti socialiste dans ce département et aussi une certain idée de cette fonction qui fait que, pour moi, l'intérêt général prime toujours sur les intérêts particuliers. C'est ce qui me permet d'être respecté par beaucoup. Je continuerai donc à gérer cette fédération avec un accord loyal avec la motion C où il y a des talents et des gens qui ont le sens du Parti.

Mais ce n'est pas parce que les principes d'impartialité et de justice me guident dans l'exercice de ma fonction que je suis angélique. Personne ne doit le croire, sinon je ne serai pas parvenu à faire ce que j'ai réalisé jusqu'à présent. Mais j'ai des convictions, ce sont les nôtres.

Je vais vous aider, vous aider à vous structurer, à vous organiser. Je vais vous demander de faire adhérer encore et encore parce que seule la force militante peut faire rompre les digues des grosses fédérations comme ce fut le cas au moment de l'investiture présidentielle. On "bidouille un résultat" à 52-48, pas à 60-40.

C'est cela qui doit désormais guider votre action militante interne au parti.

Posté par patrickallemand à 13:11 - Commentaires [29] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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