Le blog de Patrick Allemand

Blog du 1er vice-président de la Région PACA et conseiller municipal de Nice

07 novembre 2008

Une volonté de rénovation

Après plusieurs mois de campagne qui ont été éprouvantes mais qui ont abouti au final à des débats courtois et surtout très riches sur le fond, les militants du Parti socialiste votaient hier pour les motions en lice au Congrès de Reims.

Localement, environ 1800 adhérents à jour de cotisation étaient appelés aux urnes. 1183 ont bravé les orages pour venir voter dans leur section. C'est un chiffre positif même si nous devons avoir pour ambition de revenir au-delà de 2000 adhérents à jour de cotisation comme c'était le cas avant l'élection présidentielle. Ce devra être une des priorités de la prochaine équipe fédérale.

Les résultats m'ont pleinement satisfait. Pour être honnête, nous pensions être en tête mais je n'attendais pas la motion E à un tel niveau même si au vu des débats de motion dans les différentes sections, j'étais assez confiant. 45% c'est un très beau score. Lorsque j'en ai eu connaissance j'ai senti qu'il y aurait une dynamique nationale favorable à Ségolène et cela m'a été confirmé par les premiers échos des autres fédérations. Au final, les 29% obtenus nationalement par notre motion constitue une vraie performance dans le contexte actuel. Je crois que ce score valide la stratégie de Ségolène Royal qui en mettant "son ambition au frigidaire" a permis de focaliser l'attention sur les débats de fond et sur le thème de la rénovation.

Ici comme nationalement, le grand perdant a été Bertrand Delanoë dont la campagne s'est essouflée, sans doute parce qu'il incarnait trop la continuité. Au niveau national comme dans les Alpes-Maritimes, cette motion (la A) comptait de nombreuses personnalités de qualité mais le thème de la rénovation leur a échappé alors qu'il était fondamental aux yeux des militants. Le temps où la notabilisation faisait l'élection est sans doute révolue au PS.

Outre la motion E, la rénovation était incontestablement portée par la motion C et son leader Benoit Hamon, même si nous ne sommes pas d'accord sur toutes les modalités de la refondation du parti socialiste. Ce n'est donc pas un hasard si l'aile gauche du parti a réalisé un meilleur score que prévu, nationalement (19%) comme localement (29%). La dynamique était perceptible au travers des réunions de section où les analyses de la motion C sur la crise financière rencontraient un écho inhabituel chez les militants. Et Benoit Hamon a sans doute mieux incarné le renouveau que les précédents leaders de l'aile gauche.

Enfin, on a peu parlé de Martine Aubry mais le fait qu'elle fasse jeu égal avec Bertrand Delanoë est une vraie performance. Au niveau fédéral, cela ne s'est pas traduit par un score élevé car Martine Aubry comptait peu de relais dans les Alpes-Maritimes. Christine Dorejo, mais aussi Pierre Gibelin et Michelle Spizzo, ont fait un gros travail pour combler ce handicap et dans ces circonstances les 8% qu'ils ont obtenus sont loin d'être infamants.

Quoi qu'il en soit, le vote d'hier n'était pas une fin en soi. Il reste une majorité cohérente et dynamique à trouver à notre parti et il faut rapidement se mettre au travail pour parvenir aux conditions d'un vrai rassemblement. Car si Ségolène est désormais incontournable, la motion E devra composer avec d'autres bonnes volontés.

Je n'ai aucun a priori sur les alliances et je pense que Ségolène Royal a eu la bonne attitude ce matin en se gardant de tout triomphalisme et en appelant au rassemblement. Le fait qu'elle ait appelé ce matin tous ses concurrents est de bonne augure pour la suite. Cela ne veut pas dire qu'elle va immédiatement trouver une majorité autour d'elle mais cela va dans le sens d'une dynamique d'unité. Et après la cacophonie de ces derniers mois, la dernière chose dont notre parti a besoin c'est d'un remake du congrès de Rennes.

Cette dynamique d'unité est tout sauf artificielle en plus. Nous avons organisé plusieurs dizaines de débats dans notre fédération et plusieurs milliers nationalement. Il en ressort que derrière la rhétorique de congrès qui porte parfois à l'exagération, ce qui nous rassemble est infiniment plus important que ce qui nous divise.

Il ne s'agit pas de nier des divergences doctrinales. Elles existent et il faut les assumer entre nous. Mais elles sont conciliables pour la plupart.

La seule chose sur laquelle je souhaite qu'on ne transige en aucun cas, c'est la rénovation du parti. Tout simplement parce qu'elle est aujourd'hui indispensable si nous voulons redevenir un parti de gouvernement. Nos valeurs et nos objectifs n'ont pas changé et je crois profondément qu'ils restent plus que jamais d'actualité. Mais leur mise en oeuvre réclame de nous un changement profond de nos pratiques. Je crois que s'il y a un message à retenir du vote d'hier c'est celui-là.

Posté par patrickallemand à 16:41 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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