02 mai 2008
Un conseil d'administration pas ordinaire
Mardi, c'était le conseil d'administration du CHU de Nice. Il s'agissait d'un Conseil très important pour plusieurs raisons.
Le nouveau directeur général comptait présenter son plan de retour à l'équilibre et le faire valider. Par ailleurs il s'agissait du premier conseil présidé par Christian Estrosi, qui, en tant que maire de Nice, est d'office président du conseil d'administration.
Je suis arrivé à l'avance , 45 mns avant pour rencontrer les syndicats car le plan de retour à l'équilibre prévu par la DG est un grand classique : on licencie 130 personnes.
La situation financière du CHU est catastrophique. Le déficit actuel est de 37 millions d'euros. Mais pire, il y a le dépassement de Pasteur 2, la grand chantier du début du siècle pour notre hopital, dont la réalisation est précisément indispensable pour un hypothétique retour à l'équilibre ...plus tard.
Je n'arrive pas à comprendre encore comment on a pu arriver à un tel déficit. Toujours est il qu'il n'est pas imaginable que ce soit le personnel qui paie les "pots cassés". Le licenciement est une variable d'ajustement beaucoup trop facile d'autant que dans plusieurs pôles, on sait très bien que le personnel soignant travaille déja à flux tendu, même les médecins le disent.
Il était donc acté que l'on ne siègerait au conseil que si le plan de retour à l'équilibre était retiré de l'ordre du jour. La pression était donc sur Estrosi qui dans un premier temps a envisagé de ne pas venir sièger. finalement il est arrivé vers 18 heures avec une heure de retard parès certainement des tergiversations et des pressions, encadré d'E. Ciotti, et des autres administrateurs désignés par la ville.
Près de 300 salariés sur place, les drapeaux syndicaux... un parfum de mai 68 flottait sur la salle.
C'est dans une pièce attenante à la salle du Conseil d'Administration que s'est déroulée une scène dont on ne mesurera la portée véritable que dans quelques semaines. C. Estrosi a clairement indiqué qu'appliquer une politique gouvernementale de façon aveugle et pénaliser notre CHU n'était pas admissible. Venant de la part de quelqu'un qui a quitté le gouvernement il y a 5 semaines, il fallait déja l'entendre. Mais la suite fut encore plus savoureuse, et tant mieux pour les salariés du CHU. Il a indiqué qu'il ne siègerait pas si le DG ne retirait pas le Plan de Retour à l'Equilibre de l'ordre du jour, et s'il n'était pas mis fin immédiatement aux procédures de licenciements en cours.
Bien entendu, les syndicats ont souscrit. C'était ce qu'ils recherchaient. J'ai moi-même indiqué que je voterai cette initiative tout en soulignant que l'on voyait là les contradictions qu'il pouvait y avoir pour un élu local se trouvant confronté aux conséquences des décions prises par le gouvernement qu'il soutient.
Il n'empèche. La manoeuvre a été habile et a désamorcé une situation explosive. J'ai revu hier matin les responsables syndicaux. Apparemment, les négociations vont s'ouvrir lundi. Le délai donné est d'un mois. C'est au bout de ce mois que sera jugé le véritable poids politique du nouveau maire de Nice face aux comptables de l'administration hospitalière. Jusque là... attendons!















