Le blog de Patrick Allemand

Blog du 1er vice-président de la Région PACA et conseiller général du 12ème canton de Nice

29 avril 2008

Le dossier de l'OIN à la CANCA

1420_0027_1_stage_image

Vendredi deuxième séance de la CANCA avec un seul dossier politique à l'ordre du jour, l'OIN.

Ce sera un dossier clef dans la décennie à venir pour l'avenir de notre ville et du département. ce qui frappe sur sur ce dossier,c'est que j'ai rarement senti un tel round d'observation.

Il est évident que le préfigurateur, désigné par le gouvernement ne peut avoir travaillé sans relation avec un président du Conseil général, par ailleurs ministre du gouvernement à cette époque. Or ce préfigurateur a bien évoqué le chiffre de 30 000 logements.

C. Estrosi n'a d'ailleurs pas démenti, il dit simplement qu'il y a logements et logements. Il ne veut pas de R+2 parce que cela consomme de l'espace, mais si ce sont de grands architectes, si c'est en hauteur, si..si...tout semble possible.

Or depuis qu'il a pris le Conseil général, C. Estrosi a toujours eu une vision malthusienne du développement de la Côte d'Azur. Il stigmatise volontiers le développement exponentiel du département Var. Il y a là une contradiction.

L'autre vrai problème, c'est sa volonté de développer là-bas un pôle universitaire, un vrai campus, alors que nous avions au coeur de notre projet, le retour des étudiants en ville, sur les quartiers est pour achever la requalification et la redynamisation de la rive gauche du Paillon. Ce sont deux options totalement différente de l'aménagement urbain. S'agit il d'une vision de gauche et d'une vision de droite? La question ne se pose pas à mon avis en ces termes.

Doit on pour autant faire des procès d'intention alors que l'on en est qu'aux balbutiements en fait? Il ne s'agit pas de cela mais de poser clairement les principes qui guideront notre action sur ce projet.

Une erreur de notre génération politique serait dramatique car nous gâcherions la dernière chance de redonner à Nice une place qui compte au plan national et international. Pour ceux à qui nous léguerons ce territoire après notre action publique, nos enfants, nos petits enfants, c'est crucial.

Jamais je n'ai senti aussi juste cette phrase superbe "Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants".

Posté par patrickallemand à 14:45 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 avril 2008

Impressions du conseil municipal de ce jour

Le conseil a été relativement long mais sans plus...nous avons commencé à 8 heures pour finir à 18 heures, soit 9 heures de travaux.

De façon assez surprenante le Conseil a débuté par une intervention assez longue d'E. Ciotti, le premier adjoint, qui a fait le listing de toutes les "surprises surprenantes" qu'ils ont trouvé en arrivant et qu'il évalue au gré du Conseil entre 240 et 300 millions d'euros.

Il y a là peut être de vraies surprises commes l'éclairage public 25 millions, les tunnels à mettre aux normes 25 millions aussi..mais aussi de la mauvaise foi, les opérations ANRU par exemple, une facture de 45 millions d'euros qu'il fait semblant de découvrir alors que la convention a été signée en 2007 entre le ville de Nice et le Conseil général, à une époque ou il était le driecteur de cabinet du conseil général.

Puis il y a eu une tentative vite avortée de muselage de l'opposition par une singulière manière de diriger les débats...C Estrosi souhaitant des discussions bloquées sur les rapports groupés des adjoints, mais nous y avons mis rapidement bon ordre...nous sommes intervenus sur chaque dossier où nous souhaitions le faire mais cette nouvelle méthode ne clarifie pas le débat, le bon sens voudrait qu'il revienne à une gestion du conseil plus classique.

Pour la première fois on a clairement entendu le maire parler de faire un inventaire sur les 50 ans écoulés, donc pas seulement sur le peyratisme. C'est la première fois qu'il associe clairement Médecin et Peyrat à la situation qu'il trouve.

Combien de temps tiendra t'il en continuant à tout promettre pendant que son premier adjoint rappelle sans cesse que les caisses sont vides ? Cette stratégie de communication dissociée est poussée dans plusieurs domaines. Il trie les délibérations en fonction de nos questions. Soit c'est très politique et il répond directement, soit il répond quand il veut donner satisfaction et laisse les adjoints faire le reste du boulot.

Enfin, à la fin du Conseil il s'est félicité de son équipe, complimentant ses adjoints. Je me suis dit que si lui pouvait le faire moi aussi parce que j'ai trouvé que le groupe avait bien travaillé. Les interventions étaient bien construites souvent bien argumentées. Cette cohésion d'ensemble est très appréciable et le sera encore davantage demain car en face l'homme n'est pas malhabile.

Posté par patrickallemand à 21:56 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 avril 2008

L'ami Georges

marche_legumes_2

Lorsqu'il est venu l'autre jour me voir pour me demander de rendre service à un ami - comme c'est souvent le cas parce qu'il est généreux - Georges s'est installé dans mon bureau avec l'ami en question.

J'ai senti chez lui une grande lassitude. Beaucoup de gentillesse comme toujours mais aussi beaucoup d'interrogations sur l'avenir. Je dis bien interrogation pas inquiétude. Pas d'inquiétude parce que Georges va bientôt s'arrêter.

Enfin s'arrêtera t'il vraiment un jour? Lui qui aime tant son travail, et qui depuis tant d'années tient son banc de légumes au marché de la Libération.

Alors bien sûr il appréhende les nouveaux changements, le dernier cadeau de Jacques Peyrat dit-il. Il s'interroge sur l'efficience du choix de ce mobilier urbain métallique, très froid, qui va désormais abriter revendeurs et producteurs. Il s'interroge sur la manière dont les camions pourront venir livrer.

Le jour où Georges "fermera le banc", c'est une histoire familiale qui s'arrêtera. Ces enfants ne reprendront pas. Ils ont choisi d'être fonctionnaires. Parce que cela fait près de 100 ans, quatre générations, que l'on est revendeurs dans la famille de Georges.

Il a connu le marché quand il y avait encore plus de 200 étals à "la Libé". Aujourd'hui il en reste environ 120. Finalement ce marché n'est que le reflet de l'inexorable déclin de notre agriculture peri-urbaine locale, trop soumise aux pressions foncières.

Georges a vu peu à peu des bancs de légumes se fermer, mais lorsque viendra son tour, c'est en fait bien plus qu'une histoire de famille, c'est une page de l'histoire du marché de la "Libé" qui se refermera.

Posté par patrickallemand à 14:05 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 avril 2008

La Voix est Libre

Samedi dernier, j'étais l'invité de l'émission de France 3, La Voix est Libre, et comme vous en avez l'habitude, voici la vidéo pour ceux qui n'ont pu suivre cette émission en direct. Cette émission a été un l'occasion pour moi de clarifier un certain nombre de dossiers comme les TER ou l'OIN, mais aussi de faire le point, un mois après notre installation dans l'opposition à Nice sur la stratégie suivie et de tracer quelques perspectives pour l'avenir.

Posté par patrickallemand à 19:02 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 avril 2008

TER SNCF : Le scandale!

Ce matin à 6h 30, j'étais en gare centrale de Nice, avenue Thiers avec Gérard Piel et Adeline Mouton pour aller à la rencontre des usagers du TER.

En effet il n'est plus possible de continuer ainsi. En 2007, la région a dépensé 260 millions d'euros pour le transport ferroviaire et les usagers du service public.

Or qu'a fait la SNCF de l'argent de la Région et du contribuable?

13 700 trains ont été supprimés en 2007 et déja plus de 1300 durant le premier trimestre 2008. Mais pire, 1 train sur 4, soit 25% des trains arrivent en retard à destination. Or si nous voulons développer les transports ferroviaires, c'est bien sur pour des questions liées à la pollution, mais aussi au stress généré par les embouteillages.

Nous ne pouvons accepter que par la faute de la SNCF les salariés arrivent en retard à leur travail, que les lycéens et les étudiants arrivent en retard à leurs cours, que des voyageurs ratent leurs correspondances.

C'est tout cela que nous sommes venus expliquer ce matin aux usagers du TER pour pointer la repsonsabilité de la SNCF qui, jouant sur l'ambiguité, laisse souvent entendre que c'est de la faute de la Région. Ce n'est absolument pas le cas. Nous sommes autorité organisatrice des transports, c'est à dire que nous définissons les beoins, les fréquences des trains mais c'est la SNCF qui est l'exploitant, qui fait circuler les trains.

Cette situation va en empirant. Cela se comprend assez vite. En effet en 1998, lorsque nous a vons gagné la région, il circulait sur les lignes ferroviaires de notre région 240 TER par jour. Il y en a aujourd'hui 600.  Nous avons bien plus que doublé le nombre de trains. pendant ce temps, chaque année, la SNCF diminue le nombre de cheminots. Il devait bien y avoir un moment où cette contradiction devient béante et a des conséquences dans le quotidien des gens.

Nous allons prendre des sanctions contre la SNCF. Désormais, les pénalités financières seront doublées en cas de suppressions des trains, la SNCF sera la seule à supporter la baisse des recettes, et s'il le faut nous irons jusqu'à déclencher des procédures contentieuses.

Demain matin, nous allons continuer. je serais à la gare de Riquier. Gérard Piel sera avec André Aschieri sur la ligne Cannes-Grasse, Adeline Mouton sera la gare de Drap-Cantaron. Il est primordial que l'ensemble des usagers soit sensibilisé à ce grave manquement de la part d'une entreprise publique qui réalise tout de même plus d'un milliard de bénéfices.

Posté par patrickallemand à 22:07 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 avril 2008

Après Nice Monaco, réflechir au Grand Stade

Hier soir, après Nice Monaco (4eme défaite en 6 matchs à domicile), pendant que je descendais en tramway, la question du grand stade est revenue à mon esprit.

Cette équipe, notre équipe qui reste sur une mauvaise série inédite à domicile, est encore malgré cela 7eme de championnat. Elle peut encore terminer 5 eme ou 14 eme. On ne peut pas dire que "le Gym" ait effectué une mauvaise saison. On pourra simplement dire que l'on a fait une saison frustrante. Décidemment on arrive pas à enchainer deux moitiés de saison consécutivement bonnes. La saison passée, nous avions très mal commencé avant de finir en boulet de canon. Cette année c'est l'inverse!

Avec une belle équipe, des joueurs de grande qualité que l'on risque de ne plus revoir de si tôt à Nice (Ederson, c'est sur!, Lloris, Koné, Balmont, on ne sait?), nous tournons toujours à un peu plus de 10 000 spectateurs de moyenne.

Or, Christian Estrosi vient d'annoncer la construction du Grand Stade dans la Plaine du Var.

C'est pire qu'avec Peyrat. Déja notre équipe "changer d'ère" contestait le bien fondé d'un stade de 32 000 places. Nous voilà face à un projet d'un stade à 40 000 places.

Comment allons nous faire pour arrêter une folie pareille? C'est la question que je me posais en descendant du Ray, entouré de supporters parés de notre écharpe rouge et noire et en me demandant combien d'entre eux pourraient aller au stade dans la Plaine du Var.

Car ma première inquiétude, pas la seule, est bien là. Il s'agit de la fréquentation. Notre équipe va se retrouver dans une situation à la monégasque. Elle va jouer dans un stade, qui, en fonction des résultats, sera entre à moitié vide (20 000 spectateurs) et aux trois quart vide (10 000 spectateurs), dans l'hypothèse où on reste en Ligue 1 bien sur!

Je n'ose imaginer ce qui se passerait si nous descendions en ligue 2. Je vous renvoie pour cela à l'étude des affluences moyennes à Nice lorsque le club évolue à l'étage inférieur. Nous sommes aux alentours de 4 000 ! C'est ce qui m'a fait dire pendant la campagne électorale pour justifier mon choix pour le stade que Nice était une ville de football, mais pas une ville qui vivait pour le foot. Plus que le baromêtre de la fréquentation en L1, c'est la fréquentation en L2 qui distingue les unes des autres.

On s'appreterait donc à construire un stade d'une capacité de 40 000 places pour accueille à Nice des matchs de l'Euro 2016. C'est à dire pour remplir un stade au mieux deux fois, et encore faudra t'il que l'Italie ou la France y jouent un de leur match.

Sans compter qu'il n'est pas certain que la France soit choisie comme pays organisateur. Elle l'était en 1984, ce n'est pas si lointain. Et puis Nice sera t'elle choisie comme ville d'accueil, rien n'est moins sur. Il y a en France suffisamment de stades très performants, construits, réhabilités, ou agrandis pour la Coupe du Monde 1998, pour que l'Etat, qui manque d'argent (ça, tout le monde le sait!), se lance dans de nouveaux projets. D'ailleurs, les subventions promises, de l'ordre de 10 à 20%, sont ridicules par rapport à l'effort qui avait été consenti au moment de la préparation de la Coupe du Monde par l'Etat.

L'histoire repasse rarement deux fois les mêmes plats rappelle un vieux dicton populaire. Nous ne retrouverons pas l'occasion ratée à l'époque de se faire faire un stade neuf sur le dos de l'Etat.

Ce grand Stade est donc dans l'impasse. On ne voit pas comment la ville de Nice et la CANCA pourraient assurer son financement, affublées déja des 710 millions d'euros de dette, sur lesquels Estrosi communique abondamment. En le faisant, il prépare l'opinion publique à de nombreux renoncements et à la légitimation de ces futurs choix prioritaires. Il ne pourra pas tenir longtemps sur le grand Stade avec le discours qu'on l'a entendu tenir pendant la campagne électorale sur la proximité et la situation en général du sport amateur dans la ville de Nice où tant d'équipements sont indignes.

Pour l'instant Christian estrosi s'est bien gardé d'aborder le sujet, mais c'est donc bien le vieux serpent de mer de la question du statut juridique de ce grand Stade et de son financement qui va se poser dans les semaines ou les mois à venir.

Je l'évoquerai une autre fois, ainsi que la question de la localisation. Pour aujourd'hui je m'en tiens à la capacité.

Posté par patrickallemand à 13:29 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 avril 2008

Communiqué de presse

gymnase

Gymnases : comparer ce qui est comparable

Lors du dernier Conseil Municipal, Christian Estrosi s’est cru autorisé à dire que je n’étais pas très sport en affirmant que le Conseil Général avait construit 12 gymnases pendant que la Région n’en avait réalisé que 2. Il a simplement omis quelques précisions de taille.

Le chiffre de 12 est le nombre total de gymnases que le Conseil général a livré pour ses collèges dans l’ensemble du département (dont 2 à Nice) et le chiffre de 2 correspond aux nouveaux gymnases construits par la Région dans les lycées niçois (Guillaume Apollinaire et Thierry Maulnier)

Au niveau départemental, ce sont 7 nouveaux gymnases que la Région a construit, et 11 autre opérations sont en cours de réalisation au titre du plan régional d’équipements sportifs.

Enfin, il convient de rappeler qu’il y a 37 lycées (compétence régionale) dans le département contre 88 collèges (compétence départementale).

Dans cette affaire, à trop vouloir comparer ce qui n’est pas comparable, M. Estrosi a marqué un but contre son camp.

Posté par patrickallemand à 17:07 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 avril 2008

Pitoyable

L'adoption du nouveau règlement intérieur du conseil général a été pour nous l'occasion de s'exprimer sur la situation politique niçoise. Je n'ai laissé à personne le soin d'intervenir sur ce dossier parce qu'il était important que les niçoises et les niçois comprennent définitivement ce qui était arrivé entre les deux tours de l'élection municipale à Nice.

Désormais tout est clair. Faites connaitre cette intervention à tous vos réseaux associatifs et syndicaux, à tous les militants politiques des formations de gauche.

"Monsieur le président,

Dans le règlement intérieur que vous proposez au vote des élus figure une disposition dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’est pas banale ;

Elle se situe à l’article 44.

Vous nous proposez d’abaisser le seuil pour constituer et déclarer un groupe à deux élus.

C’est peu ! Il y a juste la Côte d’Or qui a fait mieux que vous. Puisque le nouveau président du Conseil Général UMP a abaissé le seuil des groupes politiques à un élu. C’est bien normal, il s’agissait de récompenser une trahison ;

Ici vous avez fixé le seuil à 2.

J’ai pourtant bien compté 3 élus communistes, 6 élus socialistes et apparentés. Alors je me suis étonné, j’ai cherché à comprendre et j’ai compris.

Et, voyez vous, je ne suis pas en colère.

En prenant cette initiative politique, vous venez de contribuer à effectuer aux yeux de l’électorat de gauche niçois, une nécessaire clarification.

C’est aujourd’hui, grâce à vous, monsieur le président, que les électeurs de gauche vont enfin comprendre qu’ils ont été floués

Parce que l’objectif de l’abaissement de ce seuil à deux, est de permettre à monsieur et madame MOTTARD, de pouvoir constituer un groupe politique à eux seuls. Avec tous les moyens y afférents (bureaux, collaborateurs,…). Vous venez d’accorder à un couple qui a trahi la gauche, donc servi vos intérêts, la possibilité de constituer un groupe politique.

Décidément vous êtes bien encore le premier.

Premier à être à la fois maire, président du Conseil général, et demain président d'une communauté d'agglomération.

Premier maire à se dispenser d’un Débat d’Orientation Budgétaire dans une aussi grande ville.

Désormais premier Président du Conseil Général à favoriser le regroupement familial pour construire un groupe politique.

Aujourd’hui, chaque électeur de gauche niçois va comprendre pourquoi je n’ai pas voulu fusionner entre les deux tours.

Parce que monsieur Mottard n’avait en fait qu’une obsession  : faire perdre la gauche. Nous savons désormais pourquoi il n’a pas appelé à un désistement républicain clair en faveur de la liste " changer d’ère ", comme c’est la tradition à gauche. Tout simplement parce que dans cette élection, il était votre allié objectif.

L’abaissement de ce seuil à deux représente leur récompense pour services rendus.

Vous avez pris vos responsabilités, monsieur le président. Cette manipulation ne vous grandit pas. Finalement, vous souhaitiez avoir la stature d’un homme politique et vous n’êtes qu’un politicien.

Faut-il vous préciser que nous voterons contre cette délibération!"

A noter que très exceptionnellement, le président du Conseil Général a pris la parole avant Patrick Mottard pour me répondre. La défense fut édifiante! La collusion n'est plus à démontrer.

D'ailleurs dans les couloirs du Conseil Général, Patrick Mottard, perdant son sang froid n'a pas hésité devant deux journalistes témoins, Davide Di Giacomo de France Bleu et Michel Bernouin de Metro, à me pointer du doigt et déclarer  "toi, désormais je n'aurais de cesse que de te pourrir la vie".

Posté par patrickallemand à 14:19 - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 avril 2008

Mon intervention sur le projet de budget lundi au conseil municipal

Désolé de n'avoir pas pu porter à votre connaissance plus tôt cette intervention mais la semaine est riche d'activités. Voici le texte exact de ce que j'ai déclaré au conseil municipal et qui a déclenché une réponse du maire de Nice qui a duré une heure. Ceux qui veulent peuvent suivre encore l'échange sur canal 40.

"Nous examinons dans cette délibération le projet de budget primitif 2008, votre premier budget.

Le vote du budget, c’est un temps fort de la vie d’une collectivité locale. Compte tenu de votre volonté de changement, affichée tout au long des mois passés, j’attendais un budget ambitieux, audacieux. Au final, le document que j’ai analysé m’a profondément déçu.

Nous allons donc sans surprise voter contre. Sans surprise, enfin presque, car ce budget se caractérise par trois points :

  • Un déficit démocratique
  • Un vide politique
  • Une incertitude juridique.

Je reviendrai tout à l’heure sur l’aspect juridique de l’absence de Débat d’Orientation Budgétaire (D.O.B.) mais je déplore ici

un véritable déficit démocratique. Parce que le D.O.B., sans vote, est un débat libre, qui permet aux élus de définir les grandes orientations du budget pour l’exercice, ainsi qu’éventuellement les engagements pluriannuels envisagés. Il permet au maire de faire connaître ses choix prioritaires et les modifications apportées par rapport au budget antérieur, il permet aux élus de s’exprimer, et par voie de conséquence aux médias et au peuple d’en être informé.

Il n’est pas admissible que la cinquième ville de France ait été privée d’un tel débat.

Vous qui rêvez d’être le premier partout. Première ville de France à avoir confié la Commission d’Appel d’Offres (C.A.O.) à l’opposition, avez-vous rappelé l’autre matin aux " 4 vérités ". Vous serez aussi le premier maire d’une grande ville de France à vous être dispensé du D.O.B. qui est considéré comme une formalité substantielle et obligatoire. C’est stupéfiant ! Je me suis demandé pourquoi ? Et puis j’ai fini par me rendre à l’évidence, vous l’avez fait pour masquer vos difficultés à assumer vos promesses électorales.

Parce que s’il y a déficit démocratique, il y a aussi un vide politique. Voyez-vous, j’ai tenté de trouver dans ce budget des traces de vos ambitions, de vos promesses électorales et j’en vois peu. En tout cas, au stade du Budget Primitif, peut-être y verra t’on plus clair lors du budget supplémentaire ? Mais, en général, c’est au Budget Primitif que l’on voit les effets d’annonce.

Le Budget des Sports par exemple passe en fonctionnement de 33,28 M€ à 33,54 M€ c’est-à-dire une augmentation minime. Pourtant, n’aviez-vous pas promis de doubler les subventions aux associations du monde sportif un certain soir à 18 heures du côté du collège Lympia ? Les dirigeants vont devoir attendre. Les piscines aussi attendront (moins 700 000 € en fonctionnement). Dans l’état où elles se trouvent, elles n’avaient pas besoin de ça.

L’aménagement urbain

Un autre des thèmes forts de votre campagne électorale. Je veux faire de Nice une ville verte, disiez-vous ! Vous commencez par confier le Parc Saint-Philippe au Conseil Général des Alpes-Maritimes, pourquoi pas ! Mais surtout, vous acceptez que le budget d'entretien des espaces verts subisse une sérieuse restriction, passant de 16 M€ (P.149 CA) à 14,4 M€ (P.73 BP).

Sécurité et salubrité.

Vous avez annoncé un développement des missions de proximité pour la Police Municipale dans les 100 jours. Comment ? Avec quel argent ? Le budget de fonctionnement passe de 16,9 M€ (P.89 CA) à 17 M€ (P.55 BP), c’est-à-dire qu’il est constant.

La Culture.

On note un petit effort en fonctionnement puisque le budget global passe de 68,7 M€ (P.106 CA) à 71 M€ (P.61 BP), mais c’est une fois de plus l’Opéra qui se taille la part du lion avec une hausse de 900 000 €, passant de 28,7 M€ à 29,6 M€.

Par contre les théâtres, déjà mal lotis voient leur situation se dégrader encore puisque la dotation générale passe de 1,7 M€ à 1,4 M€ (- 15 %). A qui ces 300 000 € vont-ils manquer ? Au TNN ou aux petits théâtres déjà étouffés sous Jacques Peyrat ?

Passons maintenant à l’éducation. Vous avez sacrifié le péri scolaire.

  • Les transports scolaires. Les Directeurs d’école qui nous écoutent ont connu récemment, faute de crédits, de très grandes difficultés pour faire sortir leurs élèves. Ils vont apprendre une bonne nouvelle, l’enveloppe a encore baissé de 25 %.
  • Le sport scolaire. C’est encore plus cruel. On passe de 290 000 € à 218 000 € (près de – 30 %).
  • Les classes découvertes. Elles sont si importantes pour la socialisation, pour le dépaysement des jeunes mais aussi pour l’activité de nos centres de vacances hors saison, y compris dans votre circonscription. Elles voient l’enveloppe passer de 860 000 € en 2007 (P.93 CA) à 520 000 € en 2008 (P.57 BP), soit une baisse de près de 40 %.

Si globalement on passe de 59,3 M€ à 61,9 M€, on le doit essentiellement aux deux légères augmentations sur les écoles maternelles et sur la restauration scolaire, mais cela ne correspond pas à un effort supplémentaire de votre part, mais juste à l’ajustement nécessaire à la mise place de la semaine des 4 jours.

Le Développement économique

Bien sûr vous avez cherché une caution dans le monde économique, un grand patron. Et Christian TORDO, pour lequel j’ai le plus grand respect, en est un. Mais c’est un patron d’une grande entreprise que vous avez mis aux finances de la Ville. On sait bien que ses préoccupations sont plus liées à la mondialisation, à l’innovation, aux solutions communicantes sécurisées qu’au commerce de proximité.

Mais il n’était quand même pas obligé dès son premier budget, de baisser de 9,9 M€ à 9,5 M€ (moins 400 000 €), l’aide aux commerces de proximité. Quelques jours après que le quotidien Nice Matin a fait sa une sur les difficultés persistantes des commerces de l’avenue de la République après la mise en service du tramway, c’est une forme de surdité vis-à-vis de tous ces commerces qui font la richesse et le lien social de notre ville. C’est une faute politique.

Alors bien sûr, il y a 2 M€ de plus pour les crèches. Mais c’est une friandise par rapport aux besoins que vous avez si justement pointés pendant la campagne électorale. Et ce n’est pas la délibération portant sur le principe de création d’une allocation de 200 € par mois pour ceux qui travaillent, et qui en attendant une place en crèche, utilisent une assistante maternelle qui va nous rassurer.

Alors toutes ces coupes, toutes ces promesses qui ne voient aucune concrétisation budgétaires ont une raison. L’augmentation colossale des moyens des services généraux.

Et sur le compte des services généraux, je vous adresse mes félicitations. Vous avez réussi à afficher une baisse du budget de la communication de 5,9 M€ (P 77 CA) à 5,6 M€ (P.52 BP) et aussi une baisse du budget Fêtes et Cérémonies de 5,2 à 4,7 M€ (moins 500 000 € quand même). Quand on connaît votre goût pour l’un comme pour l’autre et l’explosion qu’il y a eu sur ces deux postes depuis votre arrivée au Conseil Général, il y a des raisons d’être perplexe.

Mais cela ne peut occulter un dérapage des services généraux dont les dépenses augmentent de 20 % passant de 100 M€ (P.77 CA) à 121, 9 M€ (P.52 BP), l’intégralité de cette hausse provenant de l’administration générale (72,7 M€ à 93,8 M€). C'est-à-dire que malgré la création de la CANCA, les dépenses de personnel continuent de croitre selon un rythme très soutenu.

Si l’on rajoute à cela le poste budgétaire " frais de contentieux " qui doit certainement être le plus remarquable de France, on voit que le gaspillage de l’argent public ne traumatise personne dans cette ville. Rien que le Grand Stade : Déjà 1, 5 M€ payés pour rien auxquels s’ajoutent les 6,4 M€ prévus au compte administratif, et une rallonge de 3,5 M€ d’euro au budget prévisionnel 2008, cela fait une somme comprise entre 10 et 11,5 M€ qui va partir en fumée. Cela représente 2 gymnases de catégorie C au minimum ou l’équivalent de la rénovation des salles Pasteur et Leyrit. Et il faut rajouter allègrement 7 M€ de frais de contentieux pour Acropolis.

Et on ne prévoit même pas les conséquences des contentieux de l’annulation des deux délibérations du jour concernant la Nouvelle Mairie et le Parking Sulzer car il y en aura fatalement.

Venons- en maintenant à l’investissement.

Là encore, quelle désillusion ! La droite porte toujours politiquement le discours de l’investissement.

Mais venons-en aux faits précis. Commençons par l’éducation et l’enseignement supérieur.

Le constat est affligeant. On passe en investissement de 31 M€ (P.97 CA) à 22,4 M€ (P.57 BP). Soit une baisse de 8,6 M€ ! Et, quand on entre dans le détail, on s’aperçoit que, pour les écoles primaires, dont certaines ont besoin de gros travaux de rénovation, l’investissent va passer cette année de 11, 4 M€ à 8, 3 M€, soit une baisse de 3, 1 M€).

Vraiment, être directeur d’école n’est pas une profession enviable dans cette ville. Restriction drastique sur le périscolaire, baisse des investissements dans les écoles et quand vous en avez fini avec la mairie, vous vous heurtez à l’inspection académique qui poursuit implacablement son toilettage des postes d’enseignants décrétés en trop sur instruction du gouvernement auquel vous avez appartenu et de sa majorité parlementaire que vous êtes empressé de rejoindre.

On note quelques hausses en matière d’investissements en culture (de 14,2 à 15,3 M€) et en sport (de 12 à 14,8 M€) mais sans rapport avec les annonces faites.

Autre exemple : le logement.

On sait que l’essentiel de cette compétence appartient désormais à la CANCA. Mais tout de même cela a été un de vos chevaux de bataille. Lorsque nous avons dit : " Nous ferons 1 000 logements sociaux par an ", vous avez répondu : " J’en ferai 1 500 par an ". Lorsque nous avons dit : " Les loyers sont trop chers ", vous avez répondu : " Les loyers sont trop chers ". Mais lorsque vous faites le budget, la première mesure que vous prenez, c’est de baisser l’investissement dans l’aide au secteur locatif en le réduisant de 6,1 M€ à 5,3 M€.

Enfin l’aménagement urbain et l’environnement. Là encore, des discours on en a entendu, mais à l’arrivée, l’investissement recule de 130,1 M€ à 85,5 M€.

Je ne vais pas faire la longue liste des coupes nombreuses dans ce secteur. Mais simplement m’attarder sur une car elle est symbolique : L’éclairage public. Vous savez combien les niçois sont attachés à l’éclairage public, combien ils réclament son amélioration parce que l’éclairage, cela fait partie de la lutte contre l’insécurité. Et bien l’investissement baisse de 60 %, en passant de 7,5 M€ (P.15 CA) à 3,4M€ (P.75 BP).

En conclusion, l’investissement est en chute libre cette année et l’endettement repart à la hausse de 305 M€ d’investissement en 2007 avec 71M€ d’emprunts nouveaux, nous passons au BP 2008 à 160 M€ avec 48M€ d’emprunts nouveaux. Le ratio est beaucoup moins bon.

Par ailleurs, la capacité d’autofinancement baisse. En 2007, il y avait un virement vers le secteur d’Investissement de 23 M€ € (P.12 CA). Au BP 2008, (P.10) ce virement tombe à 8,8 M€, soit une baisse des deux tiers de la capacité d’autofinancement (moins 15 M€).

Vous avez inventé (toujours P.10) l’autofinancement prévisionnel, sensé dégagé au profit de la section d’investissement 32,1 M€, mais il s’agit là d’un auto financement brut Voilà pourquoi ce budget est vide politiquement.

Non seulement, ce budget représente un déficit démocratique, un vide politique. Mais, Il représente aussi une incertitude juridique.

Vous avez décidé de vous dispenser d’organiser un DOB. Vous vous êtes abrité pour ce faire derrière un arrêt du C.E. du 12 juillet 1995 concernant la commune de Fontenay le Fleury.

Certes, elle a plus de 3 500 habitants mais ce n’est pas Nice tout de même.

Cet arrêt indique qu’en vertu de l’article L2121-8, le conseil municipal des communes de 3 500 habitants et plus n’est tenu d’avoir établi son règlement intérieur que dans les 6 mois qui suivent son installation. Par conséquent, si le règlement intérieur n’a pas été établi avant l’expiration de ce délai, le conseil municipal n’est pas tenu dans les deux mois précédant l’examen du budget, d’organiser un débat sur les orientations générales du budget, lequel ne peut avoir lieu que dans les conditions fixées par le règlement intérieur.

Il y a cet arrêt isolé. Mais il y a aussi la loi et de nombreuses décisions qui ne vont pas dans le même sens. Ce que dit la loi, c’est que le D.O.B. instaure une formalité substantielle et que la délibération sur le budget non précédée de ce débat est entachée d’illégalité.

L’absence de règlement intérieur dont l’objet est de réformer une organisation et des procédures ne peut faire obstacle à l’exercice des droits reconnus tant par la loi que par la jurisprudence aux membres du conseil municipal, et ne peuvent notamment motiver, sous peine d’excès de pouvoir, le non respect des dispositions susvisées du coté des communes.

D’ailleurs le tribunal de Nice dans un arrêt récent en date du 10 novembre 2006 a considéré que l’absence d’un véritable D.O.B. était une irrégularité telle qu’elle entrainait une annulation de la délibération budgétaire.

Le juge administratif appréciera puisque je vous annonce que le Groupe " Changer d’ère " va déférer cette délibération devant le Tribunal Administratif de Nice et saisira le Préfet des Alpes-Maritimes, parce que nous la pensons entachée d’illégalité. C’est le rôle de l’opposition de s’assurer de cette légalité.

Dans l’attente, nous voterons contre ce budget.

Je vous remercie de votre attention."

Posté par patrickallemand à 23:00 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 avril 2008

Sortie à la Libération : aller au contact des électeurs.

Hier matin vers 11 heures, après avoir assisté aux obsèques de Laure ecard, j'ai rejoint la section Nice 1 qui distribuait la lettre de remerciements au marché de la Libération.

Dans ce quartier aussi l'accueil a été très chaleureux. Quelques personnes n'ont pas hésité à remplir la petite fiche et à communiquer leurs coordonnées pour la suite de "Changer d'ère". Moins nombreuses qu'à Saint Roch certes, mais il s'agit de secteurs que je n'avais pas vocation à travailler jusqu'à présent.

Désormais élu par tous les niçois en tant que conseiller municipal et plus seulement des quartiers Est, il me faut  modifier mon action sur le terrain. Moins de sorties à l'Est où deux équipes distribuaient la lettre mais sans moi : une autour de Frédérique Grégoire Concas à Bon Voyage et l'autre à la place Garibaldi, plus de sorties dans le reste de la ville.

C'est aussi un changement très important dans l'écoute à consacrer aux gens. Les problèmes sont plus sectorisés. Ce matin, les gens ont évoqué à plusieurs reprises l'avenir du marché qui les préoccupe hautement. Certains le voudraient sous la halle de la gare du Sud. D'autres n'apprécient pas l'aménagement urbain qui se greffe autour du concept métallique des futurs bancs de légumes. La cohabitation tramway- marché est également source d'inquiétude.

Nous sommes onze élus. Peu à peu je vais dévoiler la stratégie générale de notre groupe "changer d'ère". J'ai toujours dit que l'opposition serait différente. Elle le sera. Nos onze élus vont tenir des permanences, mais elles ne se feront pas en mairie. D'abord parce que nos bureaux sont mal placés. Il faut une boussole pour les trouver dans un dédale de couloirs. Mais surtout parce que généralement lorsqu'un administré vient en mairie, il va voir soit un service, soit un élu de la majorité. Les demandes de rendez vous sont peu nombreuses au final. Il m'a fallu peu de temps pour le constater, simplement constater le volume des rendez-vous de ceux qui avaient exercé le précédent mandat.

Nous tiendrons donc des permanences dans la ville. Soit dans des permanences locales, soit dans des bars, soit de façon itinérante sur les marchés avec de simples tables. L'essentiel est d'aller au contact des électeurs comme je l'ai fait ce matin.

Si nous le faisons bien, alors je pense que "changer d'ère" qui est ce carrefour, ce lieu de rencontre des formations de gauche rassemblées, chacune gardant son identité, et des citoyens, peut prendre tout son sens.

Posté par patrickallemand à 09:10 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »