Le blog de Patrick Allemand

Blog du 1er vice-président de la Région PACA et conseiller général du 12ème canton de Nice

21 mars 2008

Première intervention au Conseil Municipal

"Monsieur le maire, mesdames et messieurs les conseillers municipaux,

Je suis fier d’avoir conduit la liste « Changer d’ère » sur laquelle dimanche dernier 41.561 électeurs ont porté leurs suffrages. Dans cette enceinte avec mes 10 colistiers, je suis désormais porteur du mandat que ces électeurs nous ont confié.

En choisissant de voter pour « Changer d’ère », 33,17% des niçoises et des niçois ont indiqué leur volonté de rompre avec le système UMP qui prévaut sur la ville depuis des décennies et dont vous incarnez la continuité.

Monsieur le maire,  cette élection se termine bien loin du plébiscite annoncé en novembre 2007 par la SOFRES (56% pour la droite non peyratiste) et vous êtes le maire de Nice le plus mal élu depuis la Libération, à peine 41% soit 3 points de moins que Jacques PEYRAT en 2001.

Mais bon… ! le système de la prime majoritaire municipale vous permet de disposer, aujourd’hui, d’une majorité confortable, 49 sièges sur 69. Les 20 sièges de deux oppositions, elles mêmes diamétralement opposées,  représentent 59 % des électeurs niçois. De tout cela vous devez en tenir compte. Je vous le demande, parce que dans votre fresque historique, il manque une date, celle du 28 aout 1944, la date de la Libération de Nice, et les mois qui ont suivi qui ont vu successivement Virgile BAREL, puis Jacques COTTA, présider aux destinées de cette ville.

Monsieur le maire, l’amour que j’ai pour ma ville ne me fera pas prôner la politique du pire.

Et au nom de l’intérêt général, je vous souhaite sincèrement de réussir parce que le déclin de notre ville ne permet plus d’attendre.

Au sein de ce  Conseil municipal, au nom du mandat que nous ont confié nos 41.561 électeurs, nous mènerons une opposition déterminée et unie. J’ai souvent employé le terme de rupture avec le système pendant la campagne électorale. J’ai signifié par là que notre opposition sera intraitable. Nous n’accepterons aucune compromission.

Monsieur le maire, vous nous avez fait des propositions. Nous les avons refusé. Le refus n’est pas la preuve d’une fermeture ou le signe d’un sectarisme. Nous voulons simplement placer chacun devant ses responsabilités dans le respect et dans la clarté, dans l’éthique de notre engagement auprès des électeurs qui nous ont confié notre mandat.

C’est ainsi que par exemple, nous ne pouvons accepter la présidence de la commission d’appel d’offres. Je considère qu’elle doit relever de la responsabilité de la majorité municipale. Nous ne sommes pas dupes. Nice a connu de trop nombreuses affaires de corruption pendant le mandat de la précédente majorité municipale. Et l’hydre de l’affairisme rôde toujours. L’opposition doit rester vigilante et libre pour jouer son rôle. Mais nous assurerons toute notre responsabilité au sein de cette commission.

Si votre démarche à ce niveau vis-à-vis de l’opposition est sincère, établissez donc plutôt la règle de l’unanimité pour son fonctionnement. Voilà une mesure simple et qui sera comprise par l’opinion publique plutôt que de nous proposer une présidence de commission où nous serions minoritaires, où le président pourrait être amené à signer des décisions qui lui sont imposées.

Nous ne refusons pas pour autant votre main tendue et ne demandons qu’à être convaincu de votre sincérité. 

Pendant la campagne, comme moi-même d’ailleurs, vous vous êtes engagé à ouvrir la CANCA à l’opposition. La CANCA, cette collectivité dont la gauche a intégralement été exclue par le fait du prince depuis sa création parce que le législateur dans sa naïveté, n’a pas prévu de cadre formel,

Ouvrez-là à l’opposition, mais sans nous faire l’aumône. Au travers des propositions définitives que vous nous formulerez, c’est à 33,17 % des électeurs que vous vous adresserez, pas seulement à nous. Montrez-leur que vous les avez totalement pris en compte. Totalement.

Ce sera le moment de vérité et c’est là que je jugerai de la sincérité de votre main tendue.

Monsieur le maire, un projet politique concerne toute la cité, tous les aspects de la vie quotidienne de ses habitants, un projet est un tout.

Cette cohérence d’ensemble, je la proposais dans le projet « Nice 2008 Changer d’ère », je ne la retrouve pas dans la plateforme de Nice Ensemble. Parce qu’elle est faite de bien trop de promesses, comme celle de Nicolas SARKOZY au moment de l’élection présidentielle.

Je vous ai écouté avec attention faire le bilan de la ville de Nice dont les niçois viennent de vous confier les clefs. Vous êtes vraiment la copie conforme du président de la république. Vous parlez de ce bilan comme si vous y étiez totalement étranger. Comme Nicolas Sarkozy avec Jacques Chirac. Mais vous avez rappelé tout à l’heure votre parcours politique. Député depuis 20 ans, président du conseil général, deux fois ministres, patron de l’UMP. En fait vous êtes l’acteur majeur de la politique locale depuis longtemps. Ce n’est pas parce qu’il y a eu un conflit avec le maire sortant depuis quelques mois, que cela vous éxonère de toute responsabilité. Ce déclin, ce bilan, c’est aussi le votre.

Pendant cette campagne électorale, j’ai dénoncé l’accumulation de promesses démagogiques que vous avez faites et qui ont tant flatté l’égo d’un peuple de Nice qui ne demande qu’à retrouver toute sa fierté : un grand stade de 40000 places, un parc des expositions sure le modèle de celui de la porte de Versailles, le déplacement du MIN , et soit un  nouveau palais des congrès, soit un musée sur le parking SULZER, cela dépendant de la version du programme que nous avions en mains. 

L’arrivée d’un TGV à Nice dont on a définitivement compris qu’ il ne serait pas opérationnel pour les déplacements vers Paris, depuis que Nicolas SARKOZY, jugeant sans doute Jean-Claude GAUDIN plus menacé que vous, a garanti son passage par Marseille. Vous me répondrez que :  « il n’y a pas que Paris », certes !  mais c’était l’objectif initial.

Le port au large de l’aéroport, seul sujet dont vous ayez esquissé le chiffrage (500 millions d’euros) et j’en passe.

Seule la ligne 2 du tramway vous plonge dans une prudence excessive. Vous ne connaitriez pas pour l’instant les finances municipales de façon suffisamment pointue pour vous engager

définitivement sur ce dossier. J’ai peur que les quartiers ouest, les usagers et les salariés du centre administratif départemental  et des équipements sportifs et culturels du secteur ne soient les sacrifiés. Parce qu’en vérité, vous connaissez très bien l’état des finances, je ne vous ferais pas l’ injure d’imaginer le contraire, et vous  connaissez aussi le coût du projet. La vérité est ailleurs. C’est qu’échaudé par l’expérience malheureuse de votre prédécesseur, vous n’arrivez pas encore à en mesurer le coût électoral des travaux.

Revenons à cette cohérence d’ensemble. Elle doit s’articuler autour de la prise en compte réelle de la qualité de la vie et cela ne peut se faire qu’en proposant une véritable politique de proximité.  Et vous avez aussi promis la proximité.

Votre problème majeur, en fait sera le suivant : vous avez, en campagne électorale, promis la proximité et les grands projets, je ne parle même pas des 1.500 logements sociaux par an.

Désormais vous êtes en gestion et vous allez devoir arbitrer entre la proximité et les grands projets. Vous ne pourrez pas tout faire.

Nous serons là invariablement pour vous rappeler vos engagements.

Evidemment pour l’intérêt et l’amour de ma ville, je ne demande qu’à être contredit.

Nous serons donc des opposants constructifs.

Nous avons été élus à 11 dans cette assemblée sur un projet cohérent dont je vous rappelle les grands axes :

-          6 000 logements sociaux neufs

-          Ligne 2 Est/Ouest du tramway

-          Chèque-santé pour les seniors contre les franchises médicales

-          Baisse des charges dans le parc locatif public

-          Extension et modernisation d’Acropolis

-          Promotion de l’emploi dans les petites entreprises et les commerces

-          8 nouveaux bureaux de Police Municipale ouverts 24h/24

-          800 nouvelles places de crèche

-          Gratuité de la garderie du matin à l’école

-          Gratuité des transports publics pour les moins de 18 ans

-          Valorisation de la création niçoise, avec le triplement du volume des subventions attribuées aux associations culturelles de la ville.

-          Un calendrier culturel tout au long de l’année pour faire de chaque niçois un sujet actif de la culture

-          Un nouveau stade au Ray de 26 000 places

-          Volume des subventions aux clubs sportifs doublé

-          Protection sonore tout le long de la chaussée sud de la voie Mathis

-          Critères transparents pour l’attribution de logements HLM

-          Un magistrat anti-corruption au cabinet du maire

Voilà les thématiques que nous défendrons au sein de cette assemblée. Nous serons présents sur tous les dossiers comme nous l’avons été durant toute la campagne, dans l’intérêt des niçoises et des niçois. Il peut aussi de temps en temps venir de bonnes idées de la droite, nous ne serons pas une opposition aveugle. Nous ne voterons jamais pour vous, mais nous voterons pour Nice et les niçois.

Lorsque les délibérations proposées iront dans le bon sens, nous les voterons sans états d’âme. C’est ainsi que nous aurons vis-à-vis de vous, et vis-à-vis de  l’opinion publique, plus de force et de crédibilité pour dire non lorsqu’il le faudra.

Cette opposition nous la mènerons aussi autrement. Nous y travaillons déjà afin qu’elle trouve des formes d’expression originales, collectives et d’autres tribunes que les réunions du Conseil Municipal ou les escaliers du Palais de justice.

Enfin, pour terminer, je veux m’adresser à toutes les niçoises et les niçois qui dimanche dernier ont vu leurs espoirs déçus.

33,17%, ce n’était pas suffisant pour gagner mais c’est du solide. Ce n’est pas un vote de rejet, qui lui, serait par définition, circonstanciel et volatile, et plus futile qu’utile.

Ce socle est constitué d’électeurs ne partageant pas forcément les mêmes options nationales mais qui se sont rassemblés sur une certaine idée de Nice, nous allons le faire fructifier.

Je dis aux niçois : il faut croire en vous, en votre richesse humaine, qui peut s’épanouir dans une politique sociale qui donne les moyens à chaque niçoise et à chaque niçois de se nourrir et de s’épanouir. C’est ce qu’a sous-tendu notre projet « nice 2008 changer d’ère ». Nous allons continuer à agir, à réfléchir, à réagir dans cette perspective pour continuer à développer ce projet, qui, au delà d’un projet politique, est un projet d’éthique qui a pour chaque citoyen de Nice, pour ambition de doubler la nécessité du pouvoir d’achat d’une puissance d’agir. C’est cela qui nous sépare. Vous avez dit que vous alliez vous occuper des niçois afin qu’ils deviennent les objets de votre projet. Nous nous voulons que chaque citoyen devienne sujet de son propre projet de vie.

A tous ceux qui désespèrent de voir un jour Nice changer d’ère, je veux dire qu’il n’y a pas de fatalité. Même Caen, un bastion de la droite depuis la Libération est tombé cette fois. Toulouse a été reconquise au bout de 30 ans. Reims, Amiens, tant d’autre. Il ne reste que ce foutu Sud Est que nous aimons tant. Et Nice.

Ne baissez pas les bras. Nous serons là pendant 6 ans pour faire grandir cet espoir et le transformer le moment venu en victoire."

Posté par patrickallemand à 17:02 - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1